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Venezuela: l'exécutif français tente de clarifier sa position à la suite de la réaction d'Emmanuel Macron

- « Nous n’allons pas pleurer le départ d’un dictateur qui a confisqué la liberté à son peuple et volé les élections », a déclaré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, insistant sur la nécessité de préparer le Venezuela à l'« après-Maduro »

Ben Amed Azize Zougmore  | 05.01.2026 - Mıse À Jour : 06.01.2026
Venezuela: l'exécutif français tente de clarifier sa position à la suite de la réaction d'Emmanuel Macron

Istanbul

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

L’exécutif français a clarifié sa position sur l’arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro par les États-Unis, au lendemain d’une réaction présidentielle qui aura suscité d’énormes critiques.

Sur BFMTV ce lundi, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, a défendu la ligne adoptée par l’exécutif, insistant sur la nécessité de préparer le Venezuela à l'« après-Maduro ».

« Nous n’allons pas pleurer le départ d’un dictateur qui a confisqué la liberté à son peuple et volé les élections », a déclaré Mme Bregeon. La porte-parole reconnait toutefois que l’opération américaine contre Maduro « contrevient au droit international », tout en rappelant que la France n’a jamais prétendu le contraire. L’objectif, selon elle, est désormais de permettre au Venezuela de se projeter dans l’après-Maduro, avec des mesures concrètes telles que la libération des prisonniers politiques et la reconnaissance des élections de 2024.

Polémiques et critiques politiques

La réaction du président français Emmanuel Macron, qui s’est dit prêt à « prendre acte » de la fin de la « dictature Maduro », a suscité un vif débat en France et à l’international. Plusieurs dirigeants européens ont salué la fin du régime vénézuélien, tandis que d’autres, comme le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président du Parti chrétien-démocrate allemand Friedrich Merz, ont rappelé la nécessité de respecter le droit international.

En France, les critiques se sont fait entendre de tous bords. L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a qualifié la position présidentielle d' « aveugle, inconsciente des réalités et irresponsable ».

Répondant aux critiques dont fait l’objet le président français, Bregeon dénonce ce qu’elle qualifie de « deux poids, deux mesures » de la part de La France insoumise (LFI) et du Rassemblement national (RN), soulignant que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen avaient adopté des positions moins cohérentes sur d’autres crises internationales, telles que l’invasion russe de l’Ukraine et l’annexion de la Crimée en 2014.

La porte-parole du gouvernement a notamment critiqué la déclaration récente de Mélenchon, appelant à la « libération et au retour immédiat » de Nicolás Maduro et de son épouse au Venezuela. « Quand on demande la libération immédiate et le retour dans son pays d’un dictateur, ça interroge sur son rapport à la démocratie », a-t-elle commenté.

Cette clarification intervient dans un contexte international complexe, où la France tente difficilement de faire comprendre sa position après les attaques américaines qui ont conduit à la capture et à l’exfiltration du président vénézuélien Nicolas Maduro.

Pour rappel des faits, Caracas a affirmé samedi à l’aube que les États-Unis avaient frappé des installations civiles et militaires dans plusieurs États du pays, avant de décréter l’état d’urgence national. Le président américain Donald Trump a confirmé une opération « de grande ampleur », indiquant que Nicolas Maduro et son épouse avaient été capturés et transférés hors du pays. Il a ensuite déclaré que les États-Unis « administreraient » le Venezuela jusqu’à ce qu’une transition « sûre » soit assurée, et qu’ils réhabiliteraient une infrastructure pétrolière qu’il a qualifiée de « brisée ».

Le couple a été transféré dans un centre de détention à New York et doit comparaître ce lundi devant la justice dans le cadre d’accusations liées au narcotrafic. Les frappes interviennent après plusieurs mois de pressions accrues de Washington sur Nicolas Maduro, accusé par les États-Unis d’être impliqué dans le trafic de drogue. Le dirigeant vénézuélien a rejeté ces accusations et s’était dit prêt à engager des discussions.

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