Hatem Kattou
25 Août 2017•Mise à jour: 26 Août 2017
AA / France / Zeynep Ciftci
Le Premier ministre polonais Beata Szydl a qualifié "d'arrogants" vendredi après midi, les propos tenus par le président français Emmanuel Macron, condamnant le refus de Varsovie de durcir la directive européenne sur les travailleurs détachés.
La riposte de la Pologne aux déclarations d'Emmanuel Macron concernant l'attitude «négative» de Varsovie visant une révision de la directive européenne sur les travailleurs détachés n'a pas tardé.
"Peut-être, ses déclarations arrogantes sont-elles dues à son manque d'expérience et de pratique politique, ce que j'observe avec compréhension, mais j'attends qu'il rattrape rapidement ces lacunes et qu'il soit à l'avenir plus réservé", a lancé le Premier ministre, vendredi, dans une déclaration au site d’information local «w.polityce.pl».
Le duel Varsovie-Paris a débuté avec la mini-tournée du président français, Emmanuel Macron, en Europe de l’Est. Le jeune président tente de convaincre ses homologues de cette région de durcir la directive européenne sur les travailleurs détachés accusée de concurrence déloyale par la France.
Toutefois, la question de la révision de l'acte européen, profitable pour la Pologne, avait reçu un refus net de la part de Beata Szydl qui a déclaré jeudi "Nous défendrons jusqu'au bout notre position, parce que c'est une position qui est dans l'intérêt des travailleurs polonais".
Le chef d'Etat français, en déplacement à Varna en Bulgarie, avait, quant à lui, profité d'un point de presse, animé vendredi matin, pour répondre au Premier ministre polonais, pour dénoncer "une nouvelle erreur" de Varsovie, qui selon lui se met "en marge" de l'Europe et "décide d'aller à l'encontre des intérêts européens sur de nombreux sujets".
La directive européenne sur les travailleurs détachés en date de l'année 1996, permet à une entreprise de l'UE d'envoyer à titre provisoire dans d'autres pays de l'Union ses salariés en continuant à payer les cotisations sociales dans le pays d'origine. Pour Emmanuel Macron, les abus d'utilisation de cette directive constitue principalement une concurrence déloyale pour le marché du travail français.
Or, la Pologne semble être le pays profitant le plus de cette directive puisque environ 500.000 Polonais sont employés par des entreprises polonaises dans d'autres pays membres de l'UE.