Valenciennes : un policier municipal mis en examen pour homicide volontaire après un tir mortel
- Le fonctionnaire, qui avait fait usage de son arme après avoir été blessé au couteau, a été placé sous contrôle judiciaire. Le juge d’instruction a écarté à ce stade la légitime défense
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Un policier municipal de Valenciennes (Nord) a été mis en examen pour homicide volontaire après avoir mortellement blessé par balles un homme de 31 ans qui l’avait attaqué au couteau, a indiqué ce dimanche le parquet de Valenciennes.
Placé en garde à vue mercredi, le fonctionnaire a été présenté samedi à un juge d’instruction, qui a décidé de sa mise en examen et écarté, à ce stade de la procédure, l’hypothèse de la légitime défense. Il a été placé sous contrôle judiciaire, une mesure restrictive de liberté qui impose des obligations (interdictions de contact, pointages réguliers, limitations professionnelles), conformément à la décision du magistrat, mais contrairement aux réquisitions du parquet qui se réserve la possibilité de faire appel.
L’information judiciaire, procédure confiée à un juge d’instruction afin de mener des investigations approfondies, porte sur des faits qualifiés d’homicide volontaire, infraction passible de trente ans de réclusion criminelle.
Les faits se sont déroulés mercredi soir au domicile de la victime. Les policiers municipaux étaient intervenus après l’appel d’une voisine signalant des cris et demandant l’intervention des forces de l’ordre. Selon le parquet, ils ont trouvé le trentenaire criant « au secours » dans un appartement en désordre.
Les fonctionnaires lui ont intimé l’ordre de se mettre au sol. Constatant qu’il ne s’exécutait pas, ils l’ont maîtrisé « avec la volonté déclarée de le sécuriser » en vue d’une prise en charge par les secours, toujours selon le communiqué.
Au cours de l’intervention, l’homme, armé d’un couteau, a blessé à la main l’un des policiers municipaux et semblé « tenter d’asséner d’autres coups », indique le parquet. Le policier blessé a alors fait usage de son arme de service à plusieurs reprises, estimant l’effectif « en situation de danger ». La victime est décédée dans les minutes suivantes malgré l’intervention des pompiers.
L’autopsie pratiquée vendredi a conclu à une hémorragie interne thoracique provoquée par trois tirs localisés au niveau de l’omoplate gauche ainsi qu’une quatrième blessure au biceps droit.
L’enquête devra notamment préciser la situation de santé mentale de la victime, qui vivait seule et n’était pas connue des services de police, selon le parquet.
Les avocats du policier municipal plaident la légitime défense, notion juridique qui exonère de responsabilité pénale lorsqu’une personne repousse, de manière proportionnée, une atteinte immédiate contre elle-même ou autrui. La qualification retenue par le juge pourra évoluer au fil de l’instruction.
