Une table ronde sur les relations entre la Türkiye et l'OTAN organisée à Paris
- « Personne ne parle plus de droit international en ce moment. Tout ce qui est sur la table repose uniquement sur des intérêts nationaux. Personne ne parle de coopération », affirme l'ambassadeur Erhan
Ile-de-France
AA / Paris / Esra Taskin
L'Ambassadeur Prof. Dr. Çagri Erhan, Conseiller principal du Président de Türkiye et Vice-président du Conseil présidentiel des politiques de sécurité et de politique étrangère, a déclaré que l'ordre international fondé sur des règles est attaqué de toutes parts, affirmant : « Personne ne parle plus de droit international en ce moment. Tout ce qui est sur la table repose uniquement sur des intérêts nationaux. Personne ne parle de coopération. »
Une table ronde portant sur les relations entre la Türkiye et l'OTAN a été organisée sous l'égide de l'ambassade de la Türkiye à Paris.
Lors de cette réunion à laquelle ont participé une trentaine de journalistes français et turcs, les derniers développements concernant les relations Türkiye-OTAN, le Moyen-Orient ainsi que la guerre Russie-Ukraine ont été examinés.
Le Prof. Dr. Erhan, le Directeur de recherche du bureau de Washington de la Fondation pour la recherche politique, économique et sociale (SETA DC), Kiliç Bugra Kanat, et le Dr. Murat Aslan, Enseignant à l'Université Hasan Kalyoncu et Chercheur senior à la SETA, ont répondu aux questions des journalistes.
Le Prof. Dr. Erhan a souligné que le monde a basculé dans une ère différente depuis la pandémie de Covid-19, déclarant : « L'ordre international fondé sur des règles, établi après la Seconde Guerre mondiale sur la base de l'Organisation des Nations Unies, est aujourd'hui en déclin. »
Soulignant que le monde traverse une période sans précédent, Erhan a indiqué que les risques sécuritaires mondiaux se diversifient, que l'économie devient de plus en plus fragile et que le protectionnisme s'accentue.
Relevant que l'ordre international fondé sur des règles est attaqué de toutes parts, il a poursuivi :
« Personne ne parle plus de droit international en ce moment. Tout ce qui est sur la table repose uniquement sur des intérêts nationaux. Personne ne parle de coopération. Nous ne savons pas quel type de nouvel ordre international émergera. »
Erhan a expliqué que dans ce contexte, la guerre Russie-Ukraine constitue l'une des principales sources d'inquiétude, ajoutant que « la guerre en cours entre les États-Unis, Israël et l'Iran pourrait s'intensifier et engendrer d'autres conséquences négatives. »
Il a également précisé que l'effondrement de l'ordre commercial international et la perturbation des chaînes d'approvisionnement vitales constituent elles aussi une source de préoccupation, rappelant que la Türkiye accueillera cette année le Sommet de l'OTAN.
Indiquant que le sommet, qui se tiendra à Ankara, rassemblera les dirigeants des pays membres de l'OTAN ainsi que des dirigeants du monde entier, Erhan a déclaré : « Nous discuterons du renforcement de la défense de l'OTAN face aux risques sécuritaires et de défense qui ont émergé. »
« Ce qui se passe au Moyen-Orient ne reste pas au Moyen-Orient »
Le Directeur de recherche de SETA DC, Kanat, a expliqué que malgré l'expérience de la Türkiye dans la gestion des guerres civiles à ses frontières, le potentiel d'une guerre civile dans la région dans le cadre des attaques actuelles au Moyen-Orient et la déstabilisation croissante suscitent des inquiétudes.
Soulignant que même si les attaques dans la région cessaient maintenant, les dépenses de défense des pays du Moyen-Orient augmenteraient, Kanat a déclaré : « Si le conflit se poursuit et qu'une situation de guerre civile éclate en Iran, les conséquences seront considérables. »
Insistant sur l'importance, du point de vue de la Türkiye, qu'aucun conflit n'éclate dans la région, Kanat a affirmé : « Les peuples de cette région sont épuisés par les conflits. Ils ont énormément souffert. »
Kanat a souligné que les effets de ces attaques se font déjà sentir à court terme dans les prix de l'énergie mondiaux, et que leurs dimensions sociales, politiques et sécuritaires se manifesteront également, déclarant : « Ce qui se passe au Moyen-Orient ne reste pas au Moyen-Orient. Nous l'avons vu lors de différents conflits, en Syrie et en Irak. »
Indiquant que la Türkiye s'efforce de mener une politique étrangère équilibrée, Kanat a observé que dans les différents pays qu'il a visités, le souhait de coopérer avec la Türkiye s'est accru.
« Cette guerre risque de s'étendre »
Dr. Aslan, s'exprimant sur les attaques américano-israéliennes contre l'Iran, a averti : « Cette guerre risque de s'étendre », attirant l'attention sur le fait que le conflit s'étend en direction de la région du Golfe.
Estimant que tout regain de tension dans la région affecterait d'une manière ou d'une autre les intérêts de la Türkiye et de l'OTAN, Aslan a déclaré : « Le soutien de l'OTAN à la Türkiye dans cette guerre est crucial, non seulement pour soutenir la Türkiye, mais aussi pour tester le degré de préparation de l'Alliance. »
Aslan a souligné qu'il n'existe pas seulement des guerres entre États, mais également des conflits entre États et acteurs non étatiques, plaidant pour une « réponse hybride » face à de telles situations.
* Traduit du turc par Mariem Njeh
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