Un responsable iranien déclare qu’il n’y a « aucune place pour la diplomatie » et laisse entrevoir une guerre prolongée
- Un responsable a suggéré que les pays arabes du Golfe et d’autres devraient « faire pression » sur Washington pour mettre fin au conflit
Istanbul
AA / Istanbul / Lina Altawell
Un responsable iranien a écarté toute possibilité de diplomatie et déclaré que Téhéran est prêt à une guerre prolongée avec Washington, pouvant continuer à attaquer les pays du Golfe pour les pousser à inciter le président américain Donald Trump à se retirer du conflit, lors d’une interview accordée à CNN tard lundi.
Kamal Kharazi, conseiller en politique étrangère auprès du bureau du guide suprême iranien, a averti que la diplomatie n’est actuellement pas une option et que la guerre ne pourrait se terminer que si la pression économique pousse d’autres pays à intervenir.
« Je ne vois plus aucune place pour la diplomatie. Parce que Donald Trump a trompé les autres et n’a pas tenu ses promesses, et nous avons vécu cela à deux reprises lors des négociations, alors que nous étions engagés dans des pourparlers, ils nous ont frappés », a déclaré Kharazi à CNN lundi.
« Il n’y a pas de solution, sauf si la pression économique s’accroît au point que d’autres pays interviennent pour garantir la fin de l’agression des Américains et des Israéliens contre l’Iran », a-t-il ajouté.
Kharazi a suggéré que les pays arabes du Golfe et d’autres pays fassent pression sur Washington pour mettre fin au conflit.
« Cette guerre exerce beaucoup de pression, économique, sur les autres, en termes d’inflation, de pénurie d’énergie, et si elle se poursuit, cette pression continuera de croître, et par conséquent, les autres n’auront d’autre choix que d’intervenir », a-t-il expliqué.
Interrogé sur l’unité de l’armée et des dirigeants iraniens, Kharazi a répondu par l’affirmative : « Oui, exactement. »
« La responsabilité du leader de la République islamique d’Iran est de diriger la capacité de défense de l’Iran, et donc, comme le faisait l’Ayatollah Khamenei, le nouveau leader le fera également », a-t-il ajouté.
Donald Trump a déclaré la semaine dernière que la nomination de Mojtaba Khamenei comme successeur de son père serait « inacceptable » pour lui.
« Ce n’est pas son affaire », a rétorqué Kharazi.
Cette interview survient alors que les tensions régionales se sont intensifiées depuis le lancement par Israël et les États-Unis d’une attaque conjointe contre Iran le 28 février, qui a fait jusqu’à présent plus de 1 200 morts, dont le Guide suprême Ali Khamenei, selon les autorités iraniennes.
Téhéran a riposté par des frappes de drones et de missiles ciblant Israël, Jordanie, Irak et des pays du Golfe abritant des forces américaines.
L’Iran a également fermé de facto le détroit d’Ormuz. Cette voie stratégique reliant le Golfe Persique à la mer d’Arabie transporte normalement environ 20 millions de barils de pétrole par jour et près de 20 % du commerce mondial de gaz naturel liquéfié, dont la majorité est destinée aux marchés asiatiques.
Cette perturbation contraint les exportateurs à chercher des routes alternatives et bloque les importantes exportations régionales de nutriments agricoles utilisés pour la production d’engrais.
Ce choc d’approvisionnement, combiné à la hausse des coûts de l’énergie et du transport maritime, devrait accentuer la pression sur les chaînes d’approvisionnement alimentaires mondiales et contribuer à une hausse des prix des denrées alimentaires à l’échelle planétaire.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz
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