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Un couple pakistanais brise un tabou et sensibilise au VIH/SIDA

- À l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, Asim Ashraf raconte à l'Agence Anadolu la vie d'une personne infectée par le VIH au Pakistan

Ekip   | 01.12.2021
Un couple pakistanais brise un tabou et sensibilise au VIH/SIDA

Lahor

AA / Lahore / Kiran Butt

Au Pakistan, parler du VIH/SIDA demeure un tabou, quoique, un couple sensibilise contre cette maladie mortelle, depuis 17 ans.

Asim Ashraf, 43 ans, vivant à Lahore, la capitale de la province du Pendjab, et son épouse Rubina, 45 ans, sensibilisent contre cette maladie. Il est atteint au VIH.

La femme d'Ashraf et ses deux filles sont séronégatives.

A l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, célébrée le 1er décembre de chaque année, Rubina a déclaré à l'Agence Anadolu qu'épouser Ashraf, qui avait été détecté positif au VIH, était la meilleure décision de sa vie.

"J'étais indépendante, j'avais un travail et je ne voulais jamais me marier. Mais quand j'ai vu Asim travailler pour d'autres, j'ai décidé de consacrer ma vie à cet homme", a fait savoir Rubina.

Ashraf, en collaboration avec Rehnuma Family Planning – une association pakistanaise – en tant que coordinateur VIH/SIDA, s'engage principalement à porter conseil aux patients infectés par le VIH/SIDA. Il cite son exemple pour insuffler la confiance aux patients et briser le tabou autour du VIH/SIDA.

Au début de leurs activités de sensibilisation, le groupe comprenait 15-16 personnes mais maintenant ils ont atteint un grand réseau de centaines de personnes.

Ashraf, qui travaillait dans un magasin de ferraille, a été détecté séropositif en 1998 alors qu'il prévoyait d'entreprendre le pèlerinage du Hajj en Arabie saoudite.

"J'ai dû passer un test médical, dans lequel, j'ai été diagnostiqué avec le VIH. Quand le médecin est venu pour me dire que j'étais séropositif, j'avais peur tel un enfant", a-t-il déclaré.

Pour gagner sa vie, il devait gérer les déchets hospitaliers comme les aiguilles, le plastique et les poches de sang.

"J'ai vu des gens se moquer de moi. J'ai été plusieurs fois blessé physiquement et mentalement, les gens ont en discuté derrière mon dos", a affirmé Ashraf.

Lorsque Asim Ashraf avait obtenu pour la première fois le médicament du pays voisin, l'Inde, il l'a distribué aux patients atteints du VIH/SIDA.

"À cette époque, le médicament pendant un mois nous coûtait près de 60 mille à 70 mille roupies pakistanaises (340 à 400 dollars). Et une personne doit prendre 12 à 13 comprimés par jour. Nous avons commencé à collecter des dons et à importer des médicaments d'Inde", a-t-il précisé.

Selon les données officielles, 28,2 millions de personnes dans le monde vivant avec le VIH/SIDA reçoivent un TAR (thérapie antirétrovirale).

Ashraf a fait savoir qu'au Pakistan, les patients atteints du VIH/SIDA peuvent désormais obtenir des médicaments gratuits dans les hôpitaux publics.

Rubina a fait part à l'Agence Anadolu qu'avec Achraf, ils ont dû se marier devant un tribunal civil car sa famille n'approuvait pas leur mariage, pour l'accepter plus tard.

"J'ai maintenant deux filles qui me voient quotidiennement donner des médicaments à leur père. Quand le moment serait venu, je leur expliquerai moi-même la maladie", a-t-elle déclaré.

Le Pakistan est le deuxième plus grand pays d'Asie du Sud en termes d'épidémie de VIH, selon le Programme national de lutte contre le sida. L'ONUSIDA a également signalé qu'environ 200 mille adultes et enfants vivent avec le VIH au Pakistan.

*Traduit de l'Anglais par Hend Abdessamad

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