Ukraine : Washington et ses alliés conviennent d’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu sous leadership américain
- Réunis à Paris, les membres de la « Coalition des volontaires » ont acté la mise en place d’un mécanisme de surveillance d’un éventuel cessez-le-feu en Ukraine, placé sous direction américaine, et renforcé leur cadre de garanties de sécurité
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Les 35 pays de la « Coalition des volontaires » ont adopté mardi à Paris la « déclaration de Paris », qui détaille des garanties de sécurité qualifiées de « robustes » en vue d’une paix « solide et durable » en Ukraine, a annoncé le président français Emmanuel Macron à l’issue du sommet.
Ces garanties, soutenues par les États-Unis et destinées à s’appliquer après un éventuel cessez-le-feu avec la Russie, visent à éviter qu’un accord de paix ne se traduise par une reddition de l’Ukraine ou par une nouvelle menace pour sa sécurité, a déclaré le chef de l’État français, saluant une « convergence opérationnelle » entre les membres de la coalition, l’Ukraine et Washington.
Dans ce cadre, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place de mécanismes de surveillance d’un futur cessez-le-feu, placés sous leadership américain, avec des contributions de plusieurs États alliés. Ce dispositif sera appuyé par une coordination militaire renforcée entre partenaires. Le président français a également indiqué la création d’une « cellule de coordination » destinée à intégrer l’ensemble des forces armées concernées et à assurer la coordination opérationnelle entre la coalition, les États-Unis et l’Ukraine.
L’émissaire spécial du président américain Donald Trump, Steve Witkoff, a estimé que des « progrès significatifs » avaient été accomplis lors des discussions organisées en France. Dans un message publié sur le réseau social américain X, il a fait état « d’avancées importantes sur plusieurs dossiers critiques, y compris le cadre des garanties de sécurité bilatérales et un plan de prospérité », soulignant que des garanties solides et des engagements économiques étaient indispensables à l’instauration d’une paix durable en Ukraine.
Lors d’une conférence de presse, Steve Witkoff a déclaré que la réunion avait permis de rapprocher « très, très fortement » les parties d’une finalisation des protocoles de sécurité et d’un plan économique de grande ampleur. Il a assuré que les discussions avaient largement permis d’arriver « au terme des protocoles de sécurité », ajoutant que la solidité économique allait « de pair » avec la sécurité pour garantir l’avenir à long terme de l’Ukraine. Il a également souligné le rôle de médiateur des États-Unis, affirmant que Washington ferait preuve de flexibilité pour parvenir à un règlement.
L’émissaire américain faisait partie d’une délégation comprenant notamment Jared Kushner, le général Alex Grynkewich, l’ambassadeur des États-Unis en France Charles Kushner et le conseiller de la Maison-Blanche Josh Gruenbaum. Cette délégation a rencontré des dirigeants européens de la coalition ainsi que des responsables ukrainiens, dont le président Volodymyr Zelensky.
Jared Kushner a qualifié la réunion de « très, très grande étape », remerciant Emmanuel Macron pour avoir réuni les participants, tout en soulignant que ces avancées ne signifiaient pas que la paix était acquise.
Sur le plan militaire, le chancelier allemand Friedrich Merz a indiqué que l’Allemagne pourrait participer à une force multinationale après un éventuel cessez-le-feu, mais uniquement sur le territoire d’un pays membre de l’Otan voisin de l’Ukraine. Il a précisé que Berlin déciderait ultérieurement de la nature et de l’ampleur de sa contribution, ajoutant qu’aucune option n’était exclue à ce stade.
De son côté, Emmanuel Macron a affirmé que « plusieurs milliers » de soldats français pourraient être déployés pour des missions de maintien de la paix après la signature d’un accord, précisant qu’il s’agirait d’une « force de réassurance » et non de troupes engagées au combat. Il a confirmé que les États-Unis prendraient la direction des mécanismes de surveillance d’un éventuel cessez-le-feu.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a pour sa part indiqué que le Royaume-Uni continuerait d’accroître son soutien à la défense de l’Ukraine tout en maintenant la pression sur la Russie. Il a également évoqué des mesures prévues pour l’après-cessez-le-feu, convenues avec la France, comprenant l’établissement de pôles militaires et d’installations protégées destinées aux équipements militaires en Ukraine.
La présidente du Conseil italien Giorgia Meloni a, de son côté, réaffirmé le refus de Rome d’envoyer des troupes au sol en Ukraine, illustrant les divergences persistantes entre alliés sur les modalités concrètes de mise en œuvre des garanties de sécurité.
Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
