Ukraine : Une paix durable « de plus en plus proche », souligne Hakan Fidan à Paris
- Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan a estimé que la guerre en Ukraine se rapproche d’une paix durable, évoquant des avancées sur le cessez-le-feu et la sécurité en mer Noire
Ankara
AA / Ankara
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, s’est exprimé après la réunion à Paris de la Coalition des volontaires sur l’Ukraine, estimant que le conflit russo-ukrainien se rapproche d’une issue durable.
« Dans cette guerre qui dure depuis quatre ans, je pense que nous sommes assez proches d’une paix durable. Au moins, nous constatons que certains domaines clés, qui constituent la clé de la paix, sont discutés de manière approfondie », a-t-il déclaré.
Concernant la mer Noire, il a ajouté : « La sécurité de la mer Noire… En tant que membre de l’Otan disposant de la plus grande flotte dans cette zone, il est tout à fait naturel que la Türkiye assume des responsabilités. Je pense que des progrès sérieux ont été réalisés sur ce sujet. »
S’exprimant à l’ambassade de Türkiye à Paris à l’issue de la réunion de la Coalition des volontaires sur l’Ukraine, Hakan Fidan a affirmé : « Dans cette guerre qui dure depuis quatre ans, je pense que nous sommes assez proches d’une paix durable. Au moins, nous constatons que certains domaines clés, qui constituent la clé de la paix, sont discutés de manière approfondie. »
Le chef de la diplomatie turque a indiqué avoir vécu une journée intense à Paris et rappelé avoir rencontré le ministre syrien des Affaires étrangères, Assad Hassan al-Cheybani, présent dans la capitale française pour des consultations trilatérales.
Il a précisé que plusieurs sujets avaient été abordés lors de cet entretien et que la Türkiye suivait de près les négociations entre Israël, la Syrie et les États-Unis.
« Nous sommes en consultation permanente, à la fois avec la partie syrienne et avec la partie américaine. Après ces discussions, nous nous sommes retrouvés. Nous avons examiné en détail un ou deux sujets : l’état d’avancement des négociations menées aujourd’hui, ainsi que les résultats, ou l’absence de résultats, des discussions qu’ils ont eues il y a quelques jours avec le YPG. Nous avons passé ces questions en revue de manière très détaillée », a-t-il déclaré.
Hakan Fidan a également indiqué avoir rencontré l’ambassadeur des États-Unis à Ankara et l’envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, ajoutant avoir été informé du déroulement des réunions trilatérales et leur avoir fait part de ses évaluations.
- Les actions provocatrices d’Israël
S’agissant des actions provocatrices d’Israël sur le terrain syrien, le ministre a estimé que « ces provocations sont le prolongement de la politique expansionniste et de division qu’Israël mène à grande échelle dans la région ». Il a jugé « extrêmement important, pour la stabilité régionale, de procéder aux évaluations nécessaires, d’analyser la situation et de prendre les mesures appropriées ».
Il a ajouté qu’il s’agissait d’une responsabilité qui incombe à la fois aux pays de la région et aux États-Unis, qui, selon lui, peuvent jouer un rôle important sur cette question.
Concernant les récentes initiatives d’Israël au Somaliland, Hakan Fidan a estimé qu’elles s’inscrivent dans des projets visant à étendre l’instabilité dans la région. « Nous le voyons très clairement. La Syrie étant notre voisin, tout ce qui s’y passe nous concerne de très près. Nous espérons parvenir à un cadre de négociation et à un accord qui satisfassent toutes les parties et apportent la stabilité », a-t-il déclaré.
Qualifiant d’« important » le sommet sur l’Ukraine organisé à Paris, Hakan Fidan a poursuivi :
« Nous avons participé au sommet des dirigeants en représentant notre président. Outre les pays, des institutions comme l’Union européenne et l’Otan étaient également présentes, avec leurs dirigeants. Des sujets importants ont été discutés. Il convient de souligner ceci : dans cette guerre qui dure depuis quatre ans, je pense que nous sommes assez proches d’une paix durable. Au moins, nous constatons que certains domaines clés, qui constituent la clé de la paix, sont discutés de manière approfondie. La Türkiye a également apporté sa contribution à ce processus. Ce que nous voyons, c’est que, si un accord de paix est signé, il ne s’agira pas seulement d’un accord mettant fin à la guerre en Ukraine. Cet accord définira aussi, à long terme, les modalités de la paix entre la Russie et l’Europe dans la nouvelle période. Il s’agira également, le cas échéant, d’un accord global qui déterminera la politique régionale de la Russie à l’avenir. »
Abordant les points examinés lors du sommet, le ministre a indiqué que les discussions portaient notamment sur les mécanismes de supervision du cessez-le-feu, le maintien de la capacité de dissuasion de l’Ukraine et les mesures militaires envisageables en cas de violation du cessez-le-feu.
Il a précisé que les participants avaient débattu de la répartition des responsabilités, des lacunes existantes et des positions des différents pays, avant de poursuivre :
« Depuis le début, d’un point de vue militaire, et sur instruction de notre président, nos forces armées ont toujours affirmé leur disposition à assumer la responsabilité de la composante navale qui serait mise en place en cas de paix. Je pense que des progrès significatifs ont été réalisés à cet égard. La sécurité de la mer Noire… En tant que membre de l’Otan disposant de la plus grande flotte dans cette zone, il est tout à fait naturel que la Türkiye assume des responsabilités. Je pense que des progrès sérieux ont été accomplis sur ce sujet. Nous espérons toutefois qu’un accord de paix sera signé dans les plus brefs délais, afin d’éviter de nouvelles pertes humaines et d’apporter la stabilité à la région. »
- « Il n’y a pas de pays plus compétent que la Türkiye pour panser les plaies »
Hakan Fidan a expliqué que l’autre session du jour avait été consacrée à la reconstruction économique de l’Ukraine après la signature d’un éventuel accord de paix et aux moyens de résoudre les autres difficultés.
Soulignant la sensibilité du président Recep Tayyip Erdogan sur cette question, il a déclaré : « Il n’y a pas de pays plus compétent que la Türkiye pour panser les plaies. Nous sommes efficaces aussi bien pour guérir nos propres blessures que pour venir en aide à ceux qui en ont besoin. Les investissements économiques, le savoir-faire de nos entrepreneurs, notamment dans le domaine des infrastructures, sont essentiels. Nous estimons qu’avec, espérons-le, le retour de la paix, la Türkiye jouera un rôle majeur dans la relance économique et le développement. »
Le ministre a ajouté avoir eu des échanges avec d’autres chefs d’État et évoqué des questions importantes, précisant avoir également discuté de l’actualité avec des responsables de l’Union européenne.
À propos de la reconnaissance du Somaliland par Israël en tant qu’« État indépendant et souverain », Hakan Fidan a rappelé : « Lorsque la première reconnaissance a eu lieu, la Türkiye a exprimé une opposition très ferme et, avec des pays amis et frères de la région, nous avons publié une déclaration commune. Nous avons affirmé qu’il était inacceptable de chercher à morceler le territoire d’un État souverain de cette manière et que les politiques de type “diviser, morceler, avaler ou gouverner” appartenaient désormais au passé dans notre région. Nous disons que les pays de la région, dans un esprit de solidarité, n’y laisseront pas de place. »
Il a rappelé que des problèmes internes existaient depuis longtemps entre le Somaliland et le gouvernement central somalien et que des efforts étaient en cours pour les résoudre, indiquant qu’un ambassadeur au sein du ministère turc des Affaires étrangères était chargé de la médiation sur ce dossier.
- « La reconnaissance du Somaliland par Israël représente une illégitimité »
Le ministre a souligné que le statut du Somaliland faisait l’objet de discussions de longue date au sein de la Somalie, ajoutant :
« Mais nous avons toujours défendu jusqu’au bout, dans le cadre des résolutions des Nations unies, de notre propre politique et des usages internationaux, l’intégrité territoriale de la Somalie. Nous avons toujours souhaité que ses problèmes internes soient résolus pacifiquement. Toutefois, le fait que le Somaliland soit reconnu par Israël, reconnaissance après reconnaissance, représente en réalité une illégitimité. Même si le Somaliland avait des droits minimes sur un quelconque sujet, qu’est-ce que cela change qu’un acteur comme Israël, qui est le centre de l’illégitimité, lui apporte son soutien ? C’est évidemment un élément important. D’un point de vue géostratégique, nous voyons qu’ils cherchent à poser un acte et à démontrer une forme de puissance. »
* Traduit du turc par Serap Dogansoy
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