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Ukraine : Jean-Noël Barrot défend à Bruxelles une double stratégie de soutien à Kiev et de pression sur la Russie

- À son arrivée au Conseil des affaires étrangères de l’UE, le MAE français a réaffirmé que la crise régionale au Moyen-Orient ne devait pas détourner l’attention de la guerre en Ukraine, vue comme un enjeu central pour la sécurité européenne

Ben Amed Azize Zougmore  | 16.03.2026 - Mıse À Jour : 16.03.2026
Ukraine : Jean-Noël Barrot défend à Bruxelles une double stratégie de soutien à Kiev et de pression sur la Russie

Istanbul

AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore

Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé lundi à Bruxelles que la France poursuivait, avec ses partenaires européens, une double stratégie fondée sur le soutien à l’Ukraine et le renforcement de la pression sur la Russie, malgré l’escalade militaire en cours au Proche et au Moyen-Orient.

À son arrivée au Conseil des affaires étrangères (FAC) de l’Union européenne, le chef de la diplomatie française a assuré, lors d'un micro-tendu, que la crise régionale au Moyen-Orient ne devait pas détourner l’attention de la guerre en Ukraine, qu’il a décrite comme un enjeu central pour la sécurité du continent européen.

« L’escalade militaire incontrôlée et dangereuse au Proche et au Moyen-Orient ne nous détourne pas de l’Ukraine, où se joue depuis quatre ans la sécurité et la paix sur le continent européen », a déclaré Jean-Noël Barrot.

- Paris veut consolider l’aide militaire et financière à Kiev

Le chef de la diplomatie française a rappelé que le président français Emmanuel Macron avait réaffirmé vendredi à Paris, lors d’un entretien avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la volonté de la France de poursuivre son appui à Kiev, tant sur le plan militaire que financier.

Jean-Noël Barrot a notamment insisté sur la nécessité d’aboutir rapidement à un accord européen sur un prêt de 90 milliards d’euros destiné à garantir à l’Ukraine une stabilité financière pour les deux prochaines années.

« Nous souhaitons vivement qu’un accord puisse être trouvé sur le prêt de 90 milliards d’euros qui mettra l’Ukraine à l’abri de toute difficulté financière pour les deux ans qui viennent », a-t-il indiqué.

- L’UE va sanctionner neuf personnes liées au massacre de Boutcha

Sur le volet des sanctions, le ministre a souligné que les quelque 2 600 sanctions européennes adoptées depuis le début de la guerre d’agression russe avaient été renouvelées sans difficulté au cours du week-end.

Le patron du Quai d'Orsay a également annoncé que neuf nouvelles désignations visant des personnes accusées d’être impliquées dans le massacre de Boutcha allaient être adoptées par l’Union européenne, à quelques jours du quatrième anniversaire de cette tuerie.

Cette annonce a été confirmée par l’agence Reuters, qui rapporte que l’Union européenne doit imposer lundi des sanctions à neuf personnes accusées de crimes de guerre en lien avec le massacre de Boutcha.

- Quatre nouvelles sanctions contre des « propagandistes du Kremlin »

Jean-Noël Barrot a aussi annoncé quatre sanctions supplémentaires contre ce qu’il a qualifié de « propagandistes du Kremlin ».

Parmi eux figure Adrien Boquet, présenté par le ministre comme un « véritable agent de recrutement de combattants étrangers en Ukraine », accusé de faire l’apologie de crimes de guerre et de mener des campagnes de désinformation en Europe et en Afrique.

Le ministre n’a toutefois pas détaillé, à ce stade, le cadre juridique précis de ces nouvelles mesures, qui n’étaient pas encore publiées dans les documents officiels de l’UE au moment de sa déclaration. Reuters a confirmé l’annonce des neuf sanctions liées à Boutcha, sans détailler dans sa dépêche les quatre mesures visant des propagandistes.

- Barrot estime que Moscou a « échoué » en Afrique

Dans une séquence plus politique, Jean-Noël Barrot a également attaqué la stratégie d’influence russe en Afrique, estimant que Vladimir Poutine tentait, « en vain », d’affaiblir les relations entre la France, l’Union européenne et les pays africains.

S’appuyant sur son déplacement récent en République centrafricaine, le ministre a assuré ne constater « rien » sur le terrain quant à une contribution russe au développement du continent.

Il a opposé à cette présence russe les chiffres de l’engagement européen en Afrique, affirmant que les investissements de l’Union européenne y sont 200 fois supérieurs, que ses échanges commerciaux sont 20 fois plus importants et qu’elle accueille dix fois plus d’étudiants africains que la Russie.

- « Un échec stratégique, politique et économique »

Pour Jean-Noël Barrot, la guerre lancée par la Russie contre l’Ukraine constitue désormais « un échec stratégique, politique et économique » pour Moscou.

« Cette guerre d’agression dans laquelle [Vladimir Poutine] a précipité son pays au risque de l’épuiser, de le discréditer, doit cesser », a déclaré le ministre français, appelant le président russe à « se rendre à l’évidence ».

Le Conseil des affaires étrangères de l’UE se réunit lundi à Bruxelles dans un contexte diplomatique particulièrement tendu, marqué par la poursuite de la guerre en Ukraine et l’aggravation des tensions au Moyen-Orient. Le ministère français avait déjà souligné, ces derniers jours, la nécessité de maintenir une coordination européenne étroite sur ces deux fronts.


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