Türkiye-Japon : Erdogan appelle à une coopération constructive face aux crises et rappelle leur amitié historique
- Erdogan souligne le partenariat historique et humanitaire entre la Türkiye et le Japon et appelle à des solutions constructives face aux crises mondiales, notamment à Gaza.

Ankara
AA / Ankara / Duygu Yener
« En tant que pays dotés de civilisations anciennes, les efforts conjoints de la Türkiye et du Japon peuvent ouvrir la voie à des solutions constructives aux problèmes mondiaux. » a déclaré le président Recep Tayyip Erdogan.
Dans un message publié sur la plateforme sociale NSosyal, basée en Türkiye, le directeur de la communication de la présidence, Burhanettin Duran, a annoncé que l’article rédigé par le président Erdogan – dans lequel il lance un appel à une conscience commune depuis les deux extrémités de l’Asie – avait été publié en japonais et en anglais dans l’un des principaux journaux japonais, Nikkei Shimbun.
Duran a indiqué que, dans son article, Erdogan avait souligné que le pont d’amitié entre la Türkiye et le Japon ne se nourrissait pas seulement de documents officiels, mais aussi d’une conscience commune, d’une entraide humanitaire et de souvenirs historiques. Il a ajouté qu’Erdogan avait rappelé que, du Marmaray au pont Osmangazi, du deuxième pont sur le Bosphore (Fatih Sultan Mehmet) au pont de la Corne d’Or, la ténacité turque et l’ingénierie japonaise avaient œuvré main dans la main. Selon lui, cette coopération n’était pas faite uniquement de béton et d’acier, mais aussi de confiance, de sincérité et de liens du cœur.
Duran a précisé qu’Erdogan avait également souligné que, face aux crises mondiales, la coopération Türkiye–Japon pouvait offrir des solutions constructives pour l’humanité, et qu’il avait mis en avant l’importance de la diplomatie humanitaire en donnant comme exemples les projets conjoints de la TIKA et de la JICA.
L’article rédigé par le président Erdogan a également été publié sur le site internet de la présidence de la République.
Dans son texte, Erdogan a affirmé que le pont de cœur reliant la Türkiye et le Japon était plus fort que les documents officiels, nourri par l’histoire et par la conscience de l’humanité.
Il a souligné que ce pont d’amitié s’était construit à travers des souvenirs marqués par l’histoire et touchant les cœurs, citant en exemple la tragédie du frégat Ertugrul, victime d’un naufrage au large de Kushimoto en 1890. Erdogan a rappelé que la compassion et la générosité manifestées ce jour-là par le peuple japonais avaient profondément marqué la mémoire des turcs et jeté les bases de relations bilatérales fondées sur l’humanité.
« Du Marmaray au pont Osmangazi, du deuxième pont sur le Bosphore, Fatih Sultan Mehmet, au pont de la Corne d’Or, de nombreux ouvrages portent l’empreinte de la ténacité turque et de l’ingénierie japonaise. Ces réalisations ne sont pas seulement faites d’acier et de béton : chacune incarne la clairvoyance, l’alliance et les liens du cœur entre nos deux pays », a déclaré Recep Tayyip Erdogan, rappelant que cette amitié s’est matérialisée au fil des années dans de nombreux domaines tels que les projets d’infrastructures, la technologie, l’éducation et la culture.
Il a ajouté que l’hôpital municipal Cam et Sakura d’Istanbul constitue « l’un des symboles les plus éclatants de cette coopération dans le domaine de la santé », soulignant que cette fraternité s’est également concrétisée par le passé au Moyen-Orient.
« Lorsque la détermination des entrepreneurs turcs se conjugue au sérieux de l’ingénierie japonaise, il en ressort des projets que tout le monde prend pour modèle. Tout cela montre que notre partenariat repose sur la confiance, la sincérité et la dignité », a-t-il poursuivi.
Dans la période à venir, nos entreprises disposent d’un potentiel commun en Afrique et en Asie centrale pour réaliser ensemble des projets dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, des transports et du développement. Par ailleurs, il est évident que, dans les processus de reconstruction de l’Ukraine et de la Syrie, la coopération Türkiye–Japon pourrait apporter, à travers des projets concrets, une grande valeur ajoutée. »
- « Désormais, aucun État ne peut résoudre seul les problèmes mondiaux »
Erdogan a relevé que le système international traversait de profondes crises, que l’économie mondiale avait été ébranlée à plusieurs reprises, que la sécurité énergétique et alimentaire était devenue fragile et que les catastrophes climatiques touchaient toutes les régions du monde.
Il a également noté que les progrès rapides de la technologie, tout en offrant de nouvelles opportunités, généraient aussi de graves risques, affectant directement à la fois la Türkiye et le Japon.
« Ni la distance géographique ni la puissance économique ne suffisent à se protéger de ces épreuves mondiales. Cette situation nous révèle une vérité supplémentaire : aucun État ne peut, à lui seul, résoudre les problèmes mondiaux. Les initiatives unilatérales mènent à l’impasse et les institutions internationales demeurent insuffisantes. À ce stade, les efforts conjoints de la Türkiye et du Japon, deux pays aux civilisations anciennes, peuvent ouvrir la voie à des solutions constructives aux problèmes mondiaux. » a commenté Erdogan.
- « Un lien de cœur ancien et une sensibilité commune »
Erdogan a rappelé que l’un des domaines rapprochant le plus la Türkiye et le Japon était la diplomatie humanitaire :
« L’affection entre nos peuples, leurs similitudes culturelles et leur respect mutuel nous offrent un socle solide. Les deux peuples ne restent pas indifférents face aux souffrances, tendent la main à ceux qui ont besoin d’aide et placent la dignité humaine au centre. C’est pourquoi il nous est beaucoup plus facile d’agir conjointement en politique étrangère. Car au-delà de la coopération interétatique, il existe entre nos peuples un lien de cœur ancien et une sensibilité commune. Nos sociétés civiles, nos organisations humanitaires, nos agences de développement et autres institutions concernées travaillent ensemble depuis des années. Les projets menés par la TIKA et la JICA dans différentes régions du monde en sont des exemples concrets. Ainsi, il ne s’agit pas seulement de coopération entre États, mais aussi de refléter la conscience de nos peuples dans la politique. »
Selon Erdogan, il est nécessaire d’aborder les crises internationales à partir de cette base de diplomatie humanitaire :
« Le monde est confronté à des difficultés qu’aucun État ne peut surmonter seul. Pandémies, guerres, occupations, vagues migratoires, crises économiques et catastrophes naturelles sont autant de défis que les pays ne peuvent affronter isolément et qui exigent une solidarité et une coopération régionales et mondiales. Depuis des décennies, la Türkiye et le Japon se soutiennent mutuellement lors de catastrophes naturelles, notamment lors de séismes. Après le séisme de 2023 dans notre pays, le précieux soutien du Japon n’a pas été oublié par notre peuple. De même, la Türkiye avait tendu la main au peuple japonais après le séisme et le tsunami de 2011. Je n’ai aucun doute que nous continuerons à nous soutenir dans de telles épreuves à l’avenir. »
- « C’est précisément pour cette raison que c’est indispensable »
« Chacun de ces défis est une épreuve mondiale, sans frontières. Si les États se détournent les uns des autres, l’incertitude s’accroît, l’imprévisibilité s’aggrave et l’instabilité se propage partout. Mais si la coopération se construit sur la confiance, l’incertitude peut être maîtrisée et l’imprévisibilité réduite. C’est précisément pour cette raison que l’action conjointe de la Türkiye et du Japon est indispensable. »
« Nous possédons cette volonté et croyons qu’en agissant ensemble, notre capacité à apporter des solutions est très grande », a affirmé Erdogan, soulignant que les expériences complémentaires, l’étendue géographique et la sensibilité humanitaire des deux pays pouvaient faire la différence à l’échelle mondiale.
- Erdogan a également évoqué Gaza
« Je voudrais, dans ce cadre, dire un mot sur Gaza. Car Gaza soumet aujourd’hui la conscience de l’humanité à l’une de ses plus rudes épreuves. Du fait du génocide et de l’occupation israéliens, nous assistons à un tableau où des enfants meurent de faim, où des hôpitaux sont hors d’usage, où des villes sont réduites en ruines et où des millions de personnes sont privées de leurs besoins les plus essentiels. Ce drame est l’affaire de toute l’humanité. En Türkiye, nous n’avons pas gardé le silence et nous ne le garderons pas. Nous déployons des efforts sur toutes les plateformes pour parvenir à un cessez-le-feu, assurer un accès sans entrave à l’aide humanitaire et protéger les civils innocents. Mais nous savons que notre voix doit résonner plus fort et notre influence être plus grande.
La sagesse pacifiste, l’attachement au droit international et la sensibilité morale du Japon sont très précieux dans ce processus. Combinés à l’influence régionale et à la capacité d’aide humanitaire de la Türkiye, ils donneront naissance à un partenariat digne et puissant. Ce qu’il faut faire aujourd’hui, c’est renforcer les efforts diplomatiques pour obtenir un cessez-le-feu, acheminer plus régulièrement l’aide humanitaire, créer des ressources pour les besoins en éducation et en santé des enfants et, surtout, défendre une paix juste fondée sur la solution à deux États. Ainsi, à Gaza, non seulement nous panserons les plaies, mais nous ferons aussi naître un espoir pour l’avenir. »
- « Un grand atout pour surmonter les crises actuelles »
« Dans une époque où le système international vacille et où la confiance est ébranlée, la coopération de nos deux pays revêt une importance capitale. En ce moment précis, montrer au monde la même solidarité face aux injustices commises à Gaza est à la fois une responsabilité historique et une exigence de la dignité humaine. Transformer la solidarité en actions concrètes préparera le terrain au renforcement de la paix, de la justice et de la conscience. Car le monde ne pourra accéder à un avenir plus juste, plus sûr et plus humain que par une volonté et des efforts communs. »
Erdogan a conclu en affirmant que l’amitié entre la Türkiye et le Japon représentait bien plus qu’un beau souvenir du passé, mais constituait aujourd’hui un atout majeur pour surmonter les crises actuelles.
* Traduit du turc par Seyma Erkul Dayanc