Trump multiplie les moqueries contre Macron, l’Élysée dénonce une « fake news » sur les médicaments
- Cet épisode intervient dans un climat déjà tendu entre Paris et Washington, marqué par des divergences sur les questions commerciales, le système de santé, mais aussi des dossiers géopolitiques sensibles
Istanbul
AA / Istanbul / Wafae El Baghouani
La présidence française a vivement réagi mercredi aux nouvelles déclarations du président américain Donald Trump, l’accusant de diffuser une « fake news » après avoir affirmé qu’Emmanuel Macron aurait accepté d’augmenter les prix des médicaments en France sous la pression de Washington.
S’exprimant depuis le Forum économique mondial de Davos, en Suisse, Donald Trump a mis en cause le modèle français de régulation des prix des médicaments, affirmant avoir « tordu le bras » à son homologue français en le menaçant de lourds droits de douane sur les exportations françaises, notamment les vins et champagnes.
Dans une mise au point publiée sur le réseau social X, l’Élysée a rappelé que le président de la République ne fixe pas les prix des médicaments en France. Ceux-ci sont encadrés par le système de Sécurité sociale et négociés avec les laboratoires pharmaceutiques. La présidence a souligné que les prix des médicaments remboursés sont restés stables, qualifiant les propos du président américain de « fake news ».
Le message de l’Élysée était accompagné d’un GIF de Donald Trump s’exprimant devant un micro, avec l’inscription « fake news » en lettres capitales, une réponse inhabituelle et volontairement ironique de la part de la présidence française.
- Une série de moqueries répétées
Les déclarations sur les médicaments s’inscrivent dans une séquence plus large de moqueries et de piques répétées de Donald Trump à l’encontre d’Emmanuel Macron. À Davos, le président américain s’est également attaqué à l’apparence du chef de l’État français, ironisant sur les lunettes de protection portées par ce dernier lors d’un discours récent, en raison d’un problème oculaire.
Donald Trump a par ailleurs affirmé que « plus personne ne veut » d’Emmanuel Macron sur la scène internationale, tout en répétant qu’il l’« aimait beaucoup », un mélange de familiarité et de dénigrement devenu récurrent dans ses prises de parole.
- Des pressions commerciales assumées
Depuis plusieurs semaines, Donald Trump défend publiquement l’idée que les prix des médicaments doivent augmenter en Europe afin de permettre une baisse des coûts aux États-Unis, où les traitements restent nettement plus chers que dans les autres pays développés.
Dans ce contexte, le président américain a affirmé à plusieurs reprises avoir exigé d’Emmanuel Macron qu’il double ou triple les prix des médicaments français, sous peine d’imposer des droits de douane pouvant atteindre 25 % sur l’ensemble des exportations françaises, et jusqu’à 100 % sur certains produits emblématiques.
L’Élysée a déjà démenti à plusieurs reprises l’existence de telles concessions, rappelant que la fixation des prix des médicaments relève de mécanismes institutionnels indépendants du pouvoir présidentiel.
- Des captures d’écran controversées
La polémique s’est encore intensifiée après que Donald Trump a affirmé, par le passé, avoir partagé des captures d’écran de prétendus échanges avec Emmanuel Macron, censés prouver que ce dernier aurait accepté les exigences américaines. Là encore, la présidence française a rejeté l’authenticité et l’interprétation de ces affirmations, dénonçant une instrumentalisation politique des échanges diplomatiques.
- Des relations sous tension
Cet épisode intervient dans un climat déjà tendu entre Paris et Washington, marqué par des divergences sur les questions commerciales, le système de santé, mais aussi des dossiers géopolitiques sensibles, notamment les ambitions américaines concernant le Groenland et la redéfinition des équilibres transatlantiques.
Sans nommer directement Donald Trump, Emmanuel Macron a récemment mis en garde contre « un ordre mondial dicté par la loi du plus fort », soulignant la nécessité de préserver des règles multilatérales face aux pressions unilatérales.
La séquence actuelle illustre une détérioration du ton entre les deux dirigeants, où la polémique publique et la moquerie personnelle prennent une place croissante dans les relations franco-américaines.
