Trump avertit que l’OTAN pourrait avoir un « avenir très sombre » si ses alliés n’aident pas à rouvrir Ormuz
- Le président américain indique qu’il pourrait reporter un sommet avec le président chinois Xi Jinping, tout en appelant Pékin à participer au déblocage de cette voie stratégique
Istanbul
AA / Istanbul / Kanyshai Butun
Le président américain Donald Trump a averti que l’OTAN fait face à un « avenir très sombre » si ses alliés ne participent pas à la réouverture du détroit d’Ormuz, mettant la pression sur l’Europe et la Chine pour qu’elles rejoignent les États-Unis dans leur action contre l’Iran.
Dans une interview accordée au Financial Times et publiée dimanche, Trump a indiqué qu’il pourrait reporter un sommet prévu avec le président chinois Xi Jinping du 31 mars au 2 avril, tout en exhortant Pékin à contribuer au déblocage de cette voie stratégique.
« Il est normal que ceux qui bénéficient du détroit participent à faire en sorte qu’il ne se passe rien de grave », a-t-il déclaré, soulignant la forte dépendance de l’Europe et de la Chine au pétrole du Golfe, contrairement aux États-Unis.
« Si aucune réponse n’est donnée, ou si elle est négative, je pense que l’avenir de l’OTAN sera très sombre », a-t-il ajouté.
Les propos de Trump interviennent un jour après qu’il a appelé la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud et le Royaume-Uni à rejoindre un « effort collectif » pour sécuriser ce point stratégique, que l’Iran a effectivement bloqué à la suite des frappes conjointes américano-israéliennes des deux dernières semaines.
Il a également demandé à la Chine d’agir avant son sommet à Pékin, rappelant que le pays importe 90 % de son pétrole par le détroit.
« Nous aimerions le savoir avant cela », a-t-il précisé.
Trump a en outre critiqué la lenteur de la réponse britannique, estimant que le Royaume-Uni n’avait proposé que deux navires après que la capacité militaire iranienne avait déjà été largement neutralisée.
Le président américain a aussi averti que les États-Unis pourraient frapper le hub d’exportation pétrolier iranien sur l’île de Kharg ainsi que d’autres infrastructures pétrolières iraniennes.
« Vous avez vu que nous avons frappé l’île de Kharg, tout sauf les pipelines hier », a-t-il indiqué, en référence à un raid aérien qu’il a annoncé vendredi.
« Nous pouvons frapper ça en cinq minutes. Et il n’y a rien qu’ils puissent faire pour l’empêcher », a-t-il ajouté.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba
