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Syrie : un jeune homme attend devant une prison son frère aveugle détenu par le YPG/FDS

- Les forces syriennes ont renforcé les mesures de sécurité autour de la prison d’Aktan, où étaient détenus à la fois des habitants locaux opposés à l’occupation du YPG/FDS et des terroristes de Daech

Muhammed Karabacak, Mehmet Nuri Uçar, Mustafa Deveci  | 24.01.2026 - Mıse À Jour : 24.01.2026
Syrie : un jeune homme attend devant une prison son frère aveugle détenu par le YPG/FDS

Ankara

AA/Racca/MUHAMMED KARABACAK

Né aveugle, Yasir el-Idjil attend, malgré le froid et son handicap, devant la prison d’Aktan, à Rakka, dans l’espoir d’obtenir des nouvelles de son frère aîné, Abdulmedjid el-Idjil, lui aussi aveugle de naissance, enlevé par une organisation terroriste et détenu dans cet établissement.

Bien que Rakka ait été débarrassée du YPG/FDS le 18 janvier, un groupe de terroristes maintenait encore son emprise sur la prison d’Aktan, située à proximité du centre-ville. Après de longues négociations, un accord a finalement été trouvé, conduisant au transfert des membres de l’organisation terroriste depuis la prison d’Aktan vers la région d’Aİn Al Arab, dans le nord de la Syrie.

Les forces syriennes ont renforcé les mesures de sécurité autour de la prison d’Aktan, où étaient détenus à la fois des habitants locaux opposés à l’occupation du YPG/FDS et des terroristes de Daech.

À la suite du passage de la prison sous le contrôle des forces syriennes, de nombreux Syriens se sont rassemblés devant l’établissement pour tenter d’obtenir des informations sur leurs proches.

Parmi eux, Yasir el-Idjil, aveugle de naissance, attend devant la prison d’Aktan dans l’espoir d’apprendre le sort de son frère Abdulmedjid.

S’exprimant auprès d’un correspondant d'Anadolu, Idjl a expliqué que son frère, également aveugle de naissance, subvenait aux besoins de leur famille avant son enlèvement par l’organisation terroriste. « Il travaillait sur un modeste étal ambulant à El Bab pour faire vivre notre famille », a-t-il déclaré.

Idjil a indiqué que son frère avait disparu il y a neuf mois, après être parti travailler et ne jamais être rentré à la maison. « Lorsque mon frère n’est pas rentré, nous avons commencé à le chercher. Nous sommes allés sur son lieu de travail, nous avons interrogé d’autres personnes, mais personne ne nous a donné de réponse. Nous l’avons cherché pendant des jours », a-t-il raconté.

Après de longues démarches et recherches, la famille a appris qu’Abdulmedjid avait été enlevé par une organisation terroriste et transféré à la prison d’Aktan, à Rakka. Icıl a confié que, depuis l’enlèvement de son frère, la famille traverse une période extrêmement difficile.

« Nous n’avons bénéficié d’aucun traitement juridique ni humain »

Soulignant que son frère, aveugle de naissance, a été détenu sur la base d’accusations infondées, Icıl a déclaré : « On nous a avancé des accusations fabriquées, évoquant des liens avec le terrorisme et une coopération avec des éléments extérieurs. Mon frère est aveugle, calme et sans histoires. Dieu est témoin : nous ne demandons que justice et miséricorde. »

Il a ajouté que la famille avait, à plusieurs reprises, informé les autorités du caractère héréditaire du handicap visuel au sein de leur foyer, sans obtenir le moindre résultat. « Malgré son âge avancé, notre père s’est rendu à de nombreuses reprises auprès du maire pour expliquer la situation de mon frère, mais il a été systématiquement expulsé du bureau. Nous n’avons bénéficié d’aucun traitement juridique ni humain », a-t-il poursuivi.

« Nous attendons depuis des jours devant la prison, malgré le froid »

Après que l’armée syrienne a repris Rakka au YPG/FDS, Icıl s’est rendu devant la prison d’Aktan pour tenter d’obtenir des nouvelles de son frère aveugle. « À cette période, notre famille se trouvait en dehors de la région. Dès que nous avons appris la situation, nous sommes venus à Rakka. Cela fait des jours que nous attendons devant la prison, malgré le froid », a-t-il expliqué.

Icıl a conclu en affirmant qu’il ne quitterait pas les lieux sans avoir obtenu des informations sur son frère Abdulmedjid.

« Mon fils est devenu méconnaissable à cause des tortures et des mauvais traitements »

Parmi les familles rassemblées devant la prison d’Aktan figure également Houssein Ubeid, venu chercher des nouvelles de son fils Mustafa. Ubeyd a indiqué que son fils avait été arrêté il y a deux ans par le YPG/FDS à Rakka, puis incarcéré à la prison d’Aktan.

Selon lui, son fils, âgé de 18 ans au moment des faits, a été arrêté sous l’accusation de « collaboration avec les services de sécurité turcs et la police civile ».

« Mon fils est devenu méconnaissable à cause des tortures et des mauvais traitements qu’il a subis. Certaines institutions ont même refusé de le prendre en charge. Les services de renseignement eux-mêmes ont déclaré ne pas l’avoir accepté. Il n’existe aucune preuve fiable concernant les accusations portées contre lui », a-t-il affirmé.

« Cela fait deux ans que je n’ai pas vu mon fils, mon seul souhait est de le revoir »

Rejetant également l’accusation selon laquelle son fils serait lié à Daech, Ubeyd a insisté : « S’il existe une quelconque relation, elle ne peut concerner que l’Armée syrienne libre. Malgré cela, ils ont condamné mon fils à vingt ans de prison. En raison de son jeune âge, cette peine a été maintenue avec des aménagements et des sanctions supplémentaires. »

Le père a enfin confié qu’il n’avait pas vu son fils depuis deux ans. « Depuis deux ans, je n’ai jamais revu mon fils Mustafa. Sur les réseaux sociaux, des informations contradictoires circulent sans cesse : un jour on dit qu’il a été libéré, le lendemain qu’il est toujours détenu. Tantôt on affirme que son nom figure sur des listes, tantôt qu’il n’y est pas. Depuis deux ans, mon seul souhait est de pouvoir voir mon fils ne serait-ce qu’une fois, simplement pour savoir qu’il est en vie et qu’il va bien », a-t-il conclu.

*Traduit du turc par Sanaa Amir

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