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Syrie : le groupe terroriste PKK/YPG empêche les civils de quitter Alep et les utilise comme boucliers humains

- Les bombardements se poursuivent dans la zone, la situation humanitaire est extrêmement critique, témoignent à Anadolu des Syriens ayant réussi à fuir

Turgut Alp Boyraz, Ahmet Karaahmet, Mehmet Burak Karacaoğlu  | 15.01.2026 - Mıse À Jour : 15.01.2026
Syrie : le groupe terroriste PKK/YPG empêche les civils de quitter Alep et les utilise comme boucliers humains

Damascus

AA / Alep – Istanbul

Le groupe terroriste PKK/YPG empêche des dizaines de milliers de civils de quitter Dayr Hafir, à l’est d’Alep, dans le nord de la Syrie, dans le but de les utiliser comme boucliers humains, ont déclaré à Anadolu des civils syriens ayant réussi à s’échapper de la région.

Ces civils ont appelé la communauté internationale à faire pression sur le groupe afin de garantir l’évacuation sécurisée des populations encore présentes dans la zone.

Alors que l’armée syrienne se prépare à lancer une opération contre les éléments du PKK/YPG le long de l’axe Dayr Hafir–Maskanah, à l’ouest de l’Euphrate, elle attend que les civils puissent quitter la zone par un corridor humanitaire ouvert à cet effet.

Cependant, tandis que le PKK/YPG bloque les voies de sortie, certains civils ont réussi à fuir par des itinéraires alternatifs, quittant la région avec l’intention de regagner leurs foyers une fois l’opération terminée.

Mohammed Abou Moussa, qui a fui la région avec sa famille en traversant des champs agricoles en voiture, a indiqué qu’ils s’étaient rendus à Dayr Hafir pour des soins médicaux, mais qu’ils avaient été contraints d’y passer la nuit.

Il a précisé que les bombardements s’étaient poursuivis toute la nuit, affectant gravement leur état psychologique.

Abou Moussa a ajouté qu’ils se rendaient à Alep pour assister à une cérémonie de condoléances pour un proche, et qu’ils avaient pu quitter la zone par une route non goudronnée du côté d’Al-Malikiyah, avant d’atteindre une zone sûre avec l’aide de travailleurs humanitaires.

De son côté, Fetayim Melloush, 45 ans, qui a fui Dayr Hafir avec son mari et leurs quatre enfants, a affirmé que le PKK/YPG n’autorisait pas les civils à quitter la région.

Elle a souligné que de nombreuses personnes souhaitaient fuir mais en étaient empêchées, ajoutant qu’elles ne savaient pas où aller et qu’elles avaient été contraintes d’abandonner leurs maisons et leurs biens.

Fetayim Melloush a déclaré avoir ressenti un soulagement psychologique après avoir quitté la zone, tout en insistant sur le fait que de nombreux civils restent toujours piégés à Dayr Hafir.

Son mari, Ahmed Hayik, 72 ans, a indiqué que le PKK/YPG avait érigé des barricades sur les routes, bloquant totalement la circulation des véhicules et des piétons.

Il a ajouté qu’ils avaient été contraints de passer par des terres agricoles à l’arrière de la zone, leur véhicule ayant eu de grandes difficultés à progresser sur un terrain accidenté.

- « Soit vous restez ici, soit nous tirons »

Un autre civil ayant fui Dayr Hafir, Mustafa al-Hassoun, a déclaré que le groupe cherchait à maintenir les civils sur place par la force, précisant que des membres du PKK/YPG les avaient menacés en pointant leurs armes sur eux.

« Soit vous restez ici, soit nous tirons », auraient lancé les membres du groupe terroriste, forçant sa famille à s’enfuir par des routes de contrebande, a-t-il raconté.

Mustafa al-Hassoun a expliqué que de nombreuses familles souhaitaient partir mais n’osaient pas le faire par peur d’être tuées, ajoutant que les itinéraires étaient truffés de mines et que les civils étaient menacés de mort même lorsqu’ils tentaient de fuir au petit matin.

Il a précisé que leur objectif était de vivre dans une zone sûre sous contrôle gouvernemental, que ce soit à Manbij, à Alep ou ailleurs.

Un autre civil, Bilal Hassoun, a indiqué que les autorités avaient déclaré la zone militaire et désigné des itinéraires pour les sorties et évacuations humanitaires, mais que le PKK/YPG avait bloqué ces routes et empêché les civils de rejoindre les zones sous contrôle gouvernemental.

Il a affirmé qu’ils avaient atteint la zone de l’aéroport en empruntant des routes de contrebande, devant franchir des points de contrôle et traverser des chemins dangereux infestés de mines.

Bilal Hassoun a enfin souligné que des milliers de civils attendent toujours de pouvoir quitter Dayr Hafir, décrivant une situation humanitaire extrêmement alarmante et appelant à une intervention urgente des organisations humanitaires internationales.

* Traduit du turc par Adama Bamba

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