Syrie : L'armée progresse à Alep face aux FDS sur fond de pressions internationales et de crise humanitaire
- Alors que Washington appelle à la retenue, Damas réaffirme son intention de rétablir la souveraineté de l'État tout en qualifiant les Kurdes de « partenaires de la nation »
Istanbul
AA / Istanbul / Mariem Njeh
L'armée syrienne a pris jeudi le contrôle d’une grande partie du quartier d'Achrafiya à Alep, où se trouvaient des miliciens des "Forces Démocratiques Syriennes" (FDS), affiliées à l'organisation terroriste PKK/YPG..
Alors que Washington appelle à la retenue, Damas réaffirme son intention de rétablir la souveraineté de l'État tout en qualifiant les Kurdes de « partenaires de la nation ».
- Avancée militaire et défections à Alep
Selon des sources militaires citées par Anadolu, les unités de l'armée syrienne ont pénétré dans le quartier d'Achrafiya par les axes sud, ouest et nord, prenant le contrôle de la majeure partie de la zone. Des unités de la Force de mission spéciale du ministère de l'Intérieur ont entamé des opérations de ratissage.
Le gouverneur d'Alep, Azzam el-Gharib, a fait état de défections majeures au sein des FDS : « Selon les informations reçues, un grand nombre d'éléments des groupes FDS ont fait défection dans les quartiers de Cheikh Maqsoud et Achrafiya, tandis que d'autres ont pris la fuite. » Il a ajouté que les forces de sécurité intérieure se préparent à se déployer pour garantir le retour des déplacés.
Les affrontements se poursuivent néanmoins aux abords de Cheikh Maqsoud. L'armée syrienne a procédé à des frappes ciblées contre les positions des FDS, accusées par la chaîne officielle Al-Ikhbariya d'utiliser des maisons de civils comme sites de lancement de roquettes vers des quartiers résidentiels.
- Appel au « désarmement chimique » et diplomatie américaine
À New York, le directeur adjoint du désarmement de l'ONU, Adedeji Ebo, a déclaré devant le Conseil de sécurité qu'il existe une « opportunité critique » pour éliminer totalement le programme d'armes chimiques hérité de l'ancien régime, grâce à la coopération du nouveau gouvernement d'Ahmed al-Charaa.
Parallèlement, dans une réponse écrite, un porte-parole du Département d’État américain, qui n’a pas été nommé, a indiqué que les États-Unis suivent la situation « de près » et appellent toutes les parties à la retenue pour éviter « une nouvelle spirale de violence ». Washington, par l'intermédiaire de son ambassadeur à Ankara et envoyé spécial américain pour la Syrie, Thomas Barrack, a réaffirmé son soutien au dialogue pour la mise en œuvre de l'accord d'intégration signé le 10 mars 2025 entre les FDS et le gouvernement syrien.
- Échec des négociations
Malgré les tensions, le gouvernement syrien a tenu à rassurer la population kurde, majoritaire dans les quartiers de Cheikh Maqsoud et d’Achrafiya à Alep. Selon l'agence officielle SANA, Damas a déclaré mercredi que « les Kurdes sont une composante fondamentale et authentique du peuple syrien, l'État les considère comme des partenaires à part entière de la nation et non comme une partie distincte ou un cas exceptionnel ».
Cependant, les autorités de Damas ont exigé mercredi l'évacuation des « forces miliciennes » des quartiers d'Alep, pointant du doigt la violation de l'accord du « 1er avril » par les FDS. Al-Ikhbariya rapporte que les récentes réunions à Damas avec le leader des FDS, Mazloum Abdi, visant à intégrer les institutions civiles et militaires du Nord-Est dans l'État, n'ont produit « aucun résultat concret ».
- Bilan humain et urgence humanitaire
Le bilan des violences à Alep depuis mardi s'est alourdi à 9 morts et 55 blessés civils, selon Mounir al-Mohamed, directeur de la communication de la santé à Alep. Par ailleurs, l'autorité étatique, le Comité central d'urgence d'Alep a annoncé que 142 000 personnes ont été évacuées vers des zones sécurisées pour fuir les combats et les bombardements.
En réponse à l'insécurité, le commandement des opérations de l'armée a émis un avertissement urgent aux habitants de certains quartiers, leur demandant de « ne pas s'approcher des fenêtres et de descendre immédiatement aux étages inférieurs des bâtiments ».
Un couvre-feu total a été imposé dans certains quartiers dans la ville d’Alep, à compter de jeudi soir et « jusqu’à nouvel ordre », selon l’Agence arabe syrienne d’information (SANA)
Pour rappel, L’accord du 10 mars, signé entre le président syrien Ahmed al-Charaa et le chef des FDS Mazloum Abdi, prévoit l’intégration des institutions civiles et militaires du nord-est de la Syrie dans l’administration de l’État, ainsi que l’ouverture des postes-frontières, de l’aéroport et des champs pétroliers et gaziers, tout en réaffirmant l’unité territoriale du pays. Un accord distinct, conclu le 1er avril, porte sur des arrangements sécuritaires à Alep, notamment la fin de la présence armée dans les quartiers de Cheikh Maqsoud et d’Achrafiya, le gouvernement syrien accusant les FDS d’en avoir violé les termes.
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