Soudan : plus de 88 000 personnes déplacées au Kordofan en raison de l’escalade de la violence, selon l’ONU
- « Les voies d’accès restent coupées et l’isolement prolongé de la ville a engendré une situation de crise », a déclaré un porte-parole
Ontario
AA / Canada / Merve Aydogan
L'ONU a alerté mercredi sur le fait que les combats dans la région du Kordofan, au Soudan, ont provoqué le déplacement de plus de 88 000 personnes ces derniers mois, l'accès humanitaire restant fortement restreint et les conditions de vie des civils se détériorent.
« La situation à Dilling, deuxième ville de l'État du Kordofan du Sud, demeure extrêmement instable. Nos collègues humanitaires nous indiquent que les voies d'accès sont toujours coupées et que l'isolement prolongé de la ville a engendré une situation de crise », a déclaré le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, lors d'une conférence de presse.
Dujarric a précisé que les opérations humanitaires restent limitées, soulignant que « seule une petite partie des organisations non gouvernementales » opèrent « dans des conditions extrêmement difficiles ».
Selon les partenaires de l'ONU, « la moitié de la population civile de Dilling a fui l'année dernière, tandis que ceux qui restent sont confrontés à de graves pénuries de nourriture, de soins de santé et d'autres services essentiels ».
Dans toute la province du Kordofan, Dujarric a déclaré que l'Organisation internationale pour les migrations « estime que plus de 88 000 personnes ont été déplacées entre fin octobre et mi-janvier en raison du conflit ».
Concernant le Darfour, Dujarric a indiqué que dans l'État du Darfour-Nord, « des civils auraient été tués et blessés lors de frappes de drones lundi », leurs moyens de subsistance détruits et les infrastructures sanitaires, déjà fragiles, fortement affectées.
Il a ajouté que des familles fuyant El Fasher continuent d'arriver à Tawila et a souligné : « Elles ont besoin de nourriture, d'un abri, d'eau, d'installations sanitaires, de produits d'hygiène et d'une aide nutritionnelle. »
Dujarric a exhorté les parties au Soudan « à désamorcer immédiatement les violences et à engager un véritable dialogue en vue d'un cessez-le-feu immédiat » et a appelé les donateurs à « maintenir et à accroître leur financement afin de garantir que l'aide essentielle parvienne à tous ceux qui en ont besoin ».
Les autorités soudanaises et des organisations régionales de défense des droits humains ont déjà accusé les Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire, et leur allié, le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N), de violations des droits humains contre les civils.
Ces dernières semaines, les combats se sont intensifiés dans les trois États du Kordofan, contraignant des dizaines de milliers de civils à fuir leurs foyers.
Sur les 18 États du Soudan, les FSR contrôlent les cinq États de la région du Darfour occidental, à l'exception de certaines parties du Darfour-Nord qui restent sous contrôle militaire. L'armée contrôle la majeure partie des 13 autres États, répartis dans le sud, le nord, l'est et le centre du pays, y compris la capitale, Khartoum.
Le conflit entre l'armée soudanaise et les FSR, qui a débuté en avril 2023, a fait des milliers de morts et des millions de déplacés.
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz
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