Scolarisation des élèves handicapés : près de 49 000 enfants sans AESH à la rentrée 2025
- Interpellé à l’Assemblée nationale, le gouvernement reconnaît des tensions persistantes malgré la hausse des effectifs et des revalorisations récentes
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Près de 48 726 enfants en situation de handicap étaient dépourvus d’accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH) à la rentrée 2025, selon des chiffres de l’administration de l’Éducation nationale. Ce nombre représente environ 14,2 % des quelque 352 000 élèves bénéficiant d’une notification des maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).
Ces données ont été mises en avant ce mardi à l’Assemblée nationale par la députée socialiste Fatiha Keloua Hachi, qui a dénoncé une situation « en aggravation » par rapport à 2024, évoquant une hausse de 35 % du nombre d’élèves sans solution d’accompagnement. Les chiffres ont été issus des travaux d’une commission d’enquête parlementaire, révélés par son rapporteur Sébastien Saint-Pasteur.
La députée a souligné les conséquences de ces manques d’accompagnement, évoquant des enfants privés d’une scolarisation effective, des familles contraintes d’aménager ou d’interrompre leur activité professionnelle, ainsi que des enseignants confrontés à des classes surchargées. Elle a également rappelé le faible niveau de reconnaissance statutaire et salariale des AESH, appelant à l’ouverture d’un chantier sur leur fonctionnarisation, leur temps de travail et leur formation.
Répondant au nom du gouvernement, le ministre de l’Éducation nationale Edouard Geoffray a affirmé que les AESH jouaient un « rôle essentiel » dans l’école inclusive. Il a rappelé que leur nombre avait augmenté de 68 % depuis 2017, faisant de cette fonction le deuxième métier de l’Éducation nationale, et que leur rémunération avait progressé de 13 % sur les deux dernières années. Les AESH sont par ailleurs désormais titularisés en contrat à durée indéterminée au bout de trois ans.
Le ministre a toutefois reconnu des difficultés structurelles, liées notamment à l’augmentation annuelle de 10 à 13 % du nombre d’enfants bénéficiant d’une notification d’accompagnement. Il a également insisté sur la nécessité de mieux articuler la logique de compensation individuelle avec celle de l’accessibilité pédagogique et matérielle au sein de l’école, estimant que l’accompagnement humain ne devait pas être l’unique réponse.
Il a enfin évoqué les tensions entre les parcours scolaires et médico-sociaux, citant plusieurs milliers d’élèves qui relèveraient d’instituts médico-éducatifs mais restent scolarisés dans le système ordinaire. Concernant la fonctionnarisation des AESH, le ministre a indiqué que cette hypothèse serait examinée, tout en soulignant les contraintes que poserait un tel statut en termes de temps de travail et de mobilité.
Dans ce contexte, l’association Une Ecole Inclusive pour Tous a annoncé engager des actions en justice contre une dizaine d’académies pour non-respect des notifications MDPH, illustrant le malaise persistant autour de la mise en œuvre de l’école inclusive en France.
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