Ümit Dönmez
14 Octobre 2024•Mise à jour: 14 Octobre 2024
AA / Paris / Ümit Dönmez
La justice russe a condamné ce lundi 14 octobre le chercheur français Laurent Vinatier à trois ans de prison pour ne pas s’être déclaré en tant qu’« agent de l’étranger ». Arrêté en juin, il avait été accusé de collecter des informations sur des activités militaires, en lien avec la sécurité nationale russe.
Selon l'information rapportée par Le Monde, lors du procès qui s'est tenu à Moscou, la juge a confirmé la peine de prison, après avoir « déclaré M. Vinatier coupable » de ne pas s’être conformé aux obligations imposées par la loi russe aux agents de l’étranger. Selon le quotidien français, le chercheur était employé par le Centre pour le dialogue humanitaire, une ONG suisse spécialisée dans la médiation des conflits.
Les avocats de Laurent Vinatier ont jugé le verdict « sévère » et annoncé leur intention de faire appel, tout en rappelant que leur client avait « pleinement avoué sa culpabilité ». Le tribunal n’a toutefois pas suivi leur demande de substituer une amende à la peine de prison, malgré les aveux du chercheur.
Selon le Service fédéral de sécurité de la fédération de Russie (FSB), Vinatier aurait recueilli, lors de ses échanges professionnels, des informations « militaires et techniques » qui pourraient être exploitées à l’encontre de la sécurité de la Russie. Ces accusations faisaient craindre une inculpation plus grave pour « espionnage », passible de vingt ans de prison en Russie, selon la presse française.
Interpellé en juin, Vinatier avait été placé en détention provisoire en attendant son procès. En septembre, sa détention avait été prolongée de six mois, un message que la France interprète comme une tentative de Moscou de faire pression dans un contexte diplomatique de plus en plus tendu entre les deux pays. Paris avait exprimé son inquiétude face à cette affaire, la qualifiant d’escalade dans les tensions franco-russes.