Russie : Sergueï Lavrov rejette les accusations de soutien militaire à l’Iran
- Le chef de la diplomatie russe affirme que Moscou agit “avant tout” pour défendre le droit international
Istanbul
AA / Istanbul / Wafae El Baghouani
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé jeudi que la Russie n’agissait pas pour défendre l’Iran en tant qu’allié, mais « avant tout » pour la défense du droit international, tout en rejetant les accusations occidentales de soutien militaire direct à Téhéran.
Dans une interview accordée au journal de 20 heures de France 2, Lavrov a insisté sur le fait que la position de Moscou s’inscrivait dans une logique juridique et non géopolitique.
« Il ne s’agit pas de la défense de l’Iran (…) avant tout, nous devons défendre le droit international », a-t-il déclaré.
- Critiques contre les États-Unis et appels au dialogue
Le chef de la diplomatie russe a accusé les États-Unis de ne pas se référer au droit international, mais d’agir selon « leurs propres principes moraux ou instincts », une approche qu’il juge inacceptable.
Il a affirmé que Moscou avait, à plusieurs reprises, appelé à un dialogue pour résoudre les tensions dans le golfe Persique et au Moyen-Orient, estimant que les interventions américaines avaient contribué à aggraver les crises régionales.
Lavrov a cité les exemples de l’Irak, de la Syrie et de la Libye, qu’il considère comme des États « détruits » à la suite d’interventions occidentales.
- Accusations de « cynisme » et analyse du conflit
Le ministre russe a dénoncé ce qu’il a qualifié de « cynisme » dans certaines déclarations de responsables américains évoquant des assassinats de hauts responsables iraniens.
Selon lui, il convient de s’attaquer aux « causes profondes » du conflit, qu’il attribue à une « agression non provoquée » des États-Unis et d’Israël contre l’Iran.
Lavrov a également évoqué les déclarations du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, appelant à la cessation des hostilités.
Répondant aux accusations selon lesquelles la Russie fournirait des renseignements militaires à l’Iran, Lavrov a fermement démenti.
« Nous avons des relations étroites avec l’Iran (…) mais nous ne pouvons pas accepter l’accusation selon laquelle nous transmettons des renseignements », a-t-il déclaré.
Il a toutefois confirmé l’existence d’un accord de coopération militaire et technique entre Moscou et Téhéran, incluant certaines livraisons d’équipements.
Selon lui, les informations sur les bases américaines dans la région sont « ouvertes et connues de tous », minimisant les accusations de transmission de données sensibles.
- Conséquences régionales et position des pays du Golfe
Lavrov a estimé que les attaques visant des bases américaines constituaient une « conséquence directe » des actions militaires menées contre l’Iran.
Il a affirmé que plusieurs pays du Golfe avaient tenté de dissuader Washington de lancer une offensive, refusant notamment l’utilisation de leur espace aérien ou de leurs bases.
Rejet de toute logique opportuniste et critiques énergétiques
Interrogé sur les conséquences économiques du conflit, notamment la hausse des prix du pétrole, Lavrov a rejeté toute idée selon laquelle la Russie tirerait profit de la situation.
« Nous ne cherchons jamais à tirer avantage des malheurs des autres », a-t-il déclaré, assurant que Moscou poursuivrait ses activités commerciales « indépendamment de la conjoncture ».
Il a accusé les États-Unis de chercher à dominer les marchés énergétiques mondiaux et à contrôler des axes stratégiques, évoquant notamment le détroit d’Ormuz.
- Sanctions jugées « illégitimes »
Le ministre russe a également qualifié d’« illégitimes » les sanctions imposées par les États-Unis, l’Union européenne et le Royaume-Uni contre la Russie.
« Ces sanctions n’existent pas pour nous », a-t-il affirmé, ajoutant que Moscou continuerait à commercer avec des partenaires « responsables et conscients ».
- Ukraine : rejet des accusations et critique de l’Occident
Interrogé sur la guerre en Ukraine et les accusations de violations du droit international, Lavrov a rejeté toute comparaison.
Il a accusé les pays occidentaux de soutenir militairement Kiev et de prolonger le conflit, tout en dénonçant une lecture « sélective » des événements.
Le ministre russe a également livré une lecture historique de la crise, évoquant l’indépendance de l’Ukraine en 1991, les événements de 2014 et les accords de Minsk de 2015, accusant la France et l’Allemagne de ne jamais avoir eu l’intention de les respecter.
« Nous rappelons des faits qui sont ignorés par nos collègues européens », a-t-il conclu.
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