Bilal Müftüoğlu
18 Janvier 2016•Mise à jour: 18 Janvier 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le groupe Renault a présenté lundi un "plan technique", s'engageant à réduire l'écart entre les émissions réelles et normalisées dans ses voitures, après les allégations de fraude aux émissions.
"Nous travaillons sur un plan technique qui doit nous permettre de réduire l'écart entre les émissions dans des conditions réelles et les émissions normalisées, et ce plan sera présenté dans les semaines qui viennent", a annoncé Thierry Koskas, directeur commercial de Renault, lors de la présentation des résultats commerciaux du constructeur automobile français en 2015.
Le groupe sera par ailleurs reçu lundi après-midi par une commission technique créée à la demande de la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal. La réunion portera sur "des discussions techniques", a noté Koskas, refusant de détailler son contenu.
"Il faut surtout éviter les amalgames, Renault n'a pas triché et Renault respecte les normes d'émissions (...) Nous n'utilisons aucun logiciel ou d'autres méthodes" de fraude, a soutenu le directeur commercial, faisant allusion au scandale qui entoure Volkswagen après la révélation de son recours à des logiciels permettant de contourner les tests de pollution.
"Dans les conditions des tests d'homologation, nos véhicules respectent les normes d'émission", a poursuivi Koskas, tout en reconnaissant que lors des tests "il y a effectivement des écarts entre les émissions dans des conditions réelles et les conditions normalisées".
Les allégations de fraude chez Renault surgissent alors que le groupe français annonce une progression de ses ventes mondiales de 3,3% en 2015, atteignant un nouveau record de 2 801 592 véhicules. Le prix des actions du groupe avait connu une forte baisse jeudi dernier à la bourse de Paris (CAC40), chutant de plus de 15%, après la révélation selon laquelle plusieurs sites de Renault ont fait l'objet des perquisitions officielles.
Lors de ces perquisitions, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) avait récupéré les ordinateurs de plusieurs directeurs, selon le syndicat CGT Renault, pour vérifier les informations concernant l'homologation et mise au point des contrôles moteur dans les voitures Renault.
Renault avait par ailleurs annoncé décembre dernier un plan d'investissement de 50 millions d'euros pour réduire l'écart entre les émissions de NOx (oxydes d'azote) de ses voitures "Espace" en situation d'homologation et en situation réelle. Ces voitures recrachent 25 fois plus de NOx que le plafond autorisé par les réglementations européennes.