Ekip
03 Février 2022•Mise à jour: 03 Février 2022
AA - Kinshasa - Pascal Mulegwa
Le bilan de l’attaque d’un site de déplacés en Ituri, dans le Nord - est de la République démocratique du Congo (RDC) est passé de 40 à 56 morts, a indiqué le bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies dans le pays.
“Le 1er février 2022 vers 21h00, le site de personnes déplacées internes appelé « Plaine Savo » dans la localité de Bule (75 km au nord de Bunia, zone de santé de Fataki, territoire de Djugu) a été attaqué par des éléments armés, causant la mort par arme blanche et par balles d’au moins 56 personnes déplacées dont 16 enfants” a indiqué OCHA dans un communiqué rendu public, mercredi soir.
Le centre de santé de Bule soutenu par l’ONG MEDAIR a pris en charge au moins 42 blessés dont 4 sont déjà décédés des suites de leurs blessures, a ajouté le bureau onusien, précisant que 19 personnes en “situation critique ont déjà été évacuées vers la ville de Bunia pour leur prise en charge médicale urgente par MSF”.
Suite à ce massacre, environ 35 000 personnes, y compris celles qui étaient déplacées dans ce site et les sites environnants de Lala et Tshukpa, se sont regroupées vers Bule centre, situé à trois kilomètres de Plaine Savo, pour se protéger. D’autres ont trouvé refuge en brousse.
Cette attaque attribuée par les autorités aux miliciens de la coopérative pour le développement du Congo (Codeco) intervient dans un contexte de détérioration de la situation sécuritaire ces derniers mois dans le territoire de Djugu qui s’est notamment caractérisée par l’attaque de cinq sites de déplacés entre novembre 2021 et le 1er février 2022 (Tche, Drodro, Duka, Ivo et Plaine Savo).
Lors des attaques antérieures, au moins 58 personnes avaient été tuées et 13 autres blessées.
A la suite de cette nouvelle attaque, la société civile de l’Ituri a décidé ce mardi 02 février de décréter trois journées « ville morte » sur toute l’étendue de la province de l’Ituri pour dénoncer la persistance des violences armées dans plusieurs localités du territoire de Djugu.
“Cette instabilité ne cesse d’entrainer des vagues de déplacements en Ituri et particulièrement dans le territoire de Djugu, qui compte plus de 742 983 personnes déplacées internes”, déplore OCHA .
Née dans la fièvre des tensions entre des ethnies en Ituri, vers 2017, la milice CODECO, est accusée d’une salve de massacres dans la province de l’Ituri.