Publicité en ligne : la diplomatie française alerte sur les dérives du modèle économique de Meta
- Selon France Diplomatie, près de 96 % du chiffre d’affaires du groupe provient de la publicité, dont une part importante liée à des annonces frauduleuses
Istanbul
AA / Istanbul / Adama Bamba
La diplomatie française a mis en garde contre les dérives du modèle économique des grandes plateformes numériques, soulignant la place prépondérante de la publicité dans les revenus du groupe Meta, maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp.
Dans une publication sur les réseaux sociaux, France Diplomatie indique que « 96 % du chiffre d’affaires de Meta provient de la publicité », ajoutant que les algorithmes de recommandation privilégient les contenus qui captent l’attention et génèrent des revenus, « pas toujours ceux qui informent ou protègent ». Elle souligne également qu’« une publicité sur dix sur Facebook et Instagram est une arnaque », citant une source de l’agence de presse britannique.
Selon Reuters, Meta engrangerait chaque année des milliards de dollars grâce à des publicités frauduleuses, incluant des arnaques financières, des casinos illégaux ou encore la promotion de produits interdits, auxquels les utilisateurs sont régulièrement exposés.
- Un modèle économique controversé
L’analyste français Stéphane Geneste explique dans un média local que de nombreuses publicités frauduleuses prennent la forme de promesses d’enrichissement rapide, de fausses interviews de célébrités ou encore de produits miracles, diffusées via des campagnes payantes pour apparaître sur les écrans des internautes. Selon lui, ces annonces auraient représenté près de 10 % du chiffre d’affaires de Meta en 2024, soit environ 16 milliards de dollars, ce qui montre qu’elles s’inscrivent dans le modèle économique du groupe, malgré les risques judiciaires anticipés.
Il souligne également que les algorithmes de personnalisation amplifient le phénomène : un simple clic sur une publicité suspecte peut entraîner la diffusion de contenus similaires dans les heures ou jours suivants, chaque interaction restant rentable pour la plateforme. Cette situation aurait des conséquences importantes, allant de pertes financières pour les victimes à une concurrence déloyale pour les annonceurs honnêtes, tout en érodant la confiance des utilisateurs.
Au-delà du cas de Meta, cette affaire relance le débat sur la régulation du marché publicitaire numérique mondial, où les plateformes sont à la fois hébergeurs, diffuseurs et bénéficiaires potentiels des fraudes qu’elles affirment combattre. Avec plus de trois milliards d’utilisateurs et plus de 120 milliards de dollars de chiffre d’affaires, Meta occupe une place centrale dans cet écosystème, affirme-t-il.
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