Près de Douai, un pôle industriel donne corps à la voiture électrique française
- À Douai, la montée en puissance de la Renault 5 électrique s’appuie sur une gigafactory de batteries voisine, symbole de la relocalisation industrielle française dans l’électrique
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
En banlieue de Douai, deux vastes sites industriels côte à côte concrétisent l’ambition française de produire des voitures électriques sur l’ensemble de la chaîne de valeur. La « Manufacture » de Renault, entièrement dédiée à l’électrique, assemble la Renault 5, tandis que la gigafactory du groupe Envision fournit une partie des batteries.
La Renault 5 électrique, lancée il y a un an, est devenue le modèle électrique le plus vendu en France et le deuxième en Europe. Plus de 38.000 immatriculations ont été enregistrées dans l’Hexagone, selon le ministère de l’Industrie. L’usine de Douai a récemment sorti son 100.000e exemplaire.
Voisine immédiate, la gigafactory d’AESC Envision, annoncée en 2021, monte en cadence depuis son démarrage en mars 2025. Le site, cofinancé par des fonds européens à hauteur de 480 millions d’euros sur un investissement total de 1,3 milliard, doit atteindre mi-2026 une capacité d’un gigawatt-heure, soit l’équivalent de batteries pour environ 20.000 véhicules.
À terme, la production visée est de 10 GWh par an, de quoi équiper 180.000 à 200.000 voitures, dont environ la moitié destinées à Renault.
Très automatisée, l’usine compte déjà six lignes de production et affiche un taux de rebut d’environ 5 %, selon sa direction. Elle emploie 900 personnes et vise un effectif de 1.200 salariés. Un petit train interne doit à terme acheminer les batteries directement vers la chaîne d’assemblage de Renault.
Pour suivre la montée en cadence de la Renault 5, le constructeur français a procédé à 900 recrutements supplémentaires et a basculé fin 2025 en organisation 3x8, avec une demi-équipe de nuit. Le site de Douai produit également plusieurs autres modèles électriques du groupe, dont la Mégane, la Scénic et la Nissan Micra.
La question technologique reste toutefois posée. L’usine d’Envision fabrique des batteries NMC, plus compactes mais plus coûteuses que les batteries LFP. Renault prévoit d’équiper majoritairement la Renault 5 de batteries LFP fournies par une usine polonaise du groupe LG, tandis que les batteries NMC devraient être réservées à des modèles de gamme supérieure.
À Douai, cet ensemble industriel illustre la structuration d’un écosystème complet de l’électrique, réunissant production de batteries, assemblage de véhicules et réseau de fournisseurs dans un rayon restreint, au cœur des Hauts-de-France.
- Alliance industrielle avec Ford
Fin 2025, Ford et Renault Group ont annoncé un partenariat visant à développer deux véhicules électriques de marque Ford destinés au marché européen. Les modèles seront conçus sur la plateforme Ampere de Renault et produits par Renault Group dans le nord de la France, au sein du pôle industriel ElectriCity.
Les deux constructeurs ont également signé une lettre d’intention prévoyant une possible coopération dans les véhicules utilitaires légers en Europe. Cet accord doit permettre à Ford d’élargir son offre électrique en s’appuyant sur les capacités industrielles françaises de Renault, tandis que le constructeur français consolide l’utilisation de ses plateformes et de ses sites de production.
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