Plusieurs pays asiatiques alarmés par la menace d’instabilité après les frappes contre l’Iran
- « Le lancement de ces frappes par Israël constitue une tentative ignoble de saboter les négociations en cours », déclare le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim
Karaçi
AA/Istanbul
Plusieurs pays asiatiques ont exprimé samedi leur inquiétude quant à la stabilité régionale après les attaques d’Israël et des États‑Unis contre l’Iran.
Le Premier ministre malaisien, Anwar Ibrahim, a vivement critiqué les actions d’Israël, qualifiant les frappes de tentative délibérée de torpiller les efforts diplomatiques.
Dans une déclaration virulente, Anwar a affirmé que les frappes israéliennes sur l’Iran, accompagnées de l’action militaire américaine, risquaient de pousser le Moyen‑Orient au bord de la catastrophe.
« L’initiative de ces frappes par Israël est une tentative odieuse de saboter les négociations en cours et d’entraîner d’autres nations dans un conflit potentiellement ingérable. Une cessation immédiate et inconditionnelle des hostilités est impérative », a-t-il déclaré sur la plateforme sociale américaine X.
Anwar a également exhorté Washington et Téhéran à privilégier une solution diplomatique plutôt que d’escalader les tensions, appelant la communauté internationale à réagir rapidement et sans double standard.
En revanche, le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a exprimé son soutien aux actions américaines.
« Nous soutenons les États‑Unis dans leur action pour empêcher l’Iran d’acquérir une arme nucléaire et pour éviter que l’Iran ne continue de menacer la paix et la sécurité internationales », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.
Le Rapporteur spécial de l’ONU, Ben Saul, a qualifié ce soutien de « profondément inquiétant ». « Il est profondément préoccupant que l’Australie soutienne l’agression illégale des États‑Unis et d’Israël contre l’Iran, en violation de la Charte de l’ONU.
Il ne s’agit pas d’une légitime défense contre une attaque armée de l’Iran, et le Conseil de sécurité ne l’a pas autorisé », a-t-il déclaré, ajoutant : « Le changement de régime préventif constitue un crime international. »
Le bureau présidentiel sud‑coréen a indiqué, dans un bref communiqué relayé par Yonhap News, que Séoul surveille de près la situation et exhorte toutes les parties à œuvrer à la désescalade des tensions dans la région.
Le Japon a également affirmé suivre de près l’évolution de la situation au Moyen‑Orient avec une vive inquiétude, notamment concernant l’impact potentiel sur la sécurité énergétique.
Le ministère des Affaires étrangères a précisé que Tokyo déploiera « tous les efforts diplomatiques nécessaires », en coordination avec la communauté internationale, pour parvenir à un règlement rapide.
Le Bangladesh a appelé au respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale « de chaque pays de la région », en exhortant toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue, à éviter toute escalade supplémentaire et à poursuivre immédiatement les efforts diplomatiques pour désamorcer la crise.
Par ailleurs, plusieurs pays dont l’Australie, l’Indonésie, la Malaisie, la Corée du Sud, la Thaïlande et le Népal ont émis des avis aux voyageurs concernant l’Iran, Israël et le Liban.
Certains gouvernements ont demandé à leurs citoyens de quitter immédiatement l’Iran et Israël, tandis que d’autres ont conseillé la prudence.
Samedi matin, alors que des explosions secouaient Téhéran et qu’Israël annonçait des frappes « préventives » contre l’Iran, le président américain Donald Trump a également confirmé le lancement d’« opérations de combat majeures » en Iran.
Téhéran a accusé les États‑Unis et Israël d’agression militaire, qualifiant les frappes de violation de sa souveraineté et de manquement à l’Article 2(4) de la Charte de l’ONU.
Soulignant son droit à la légitime défense, l’Iran a affirmé avoir privilégié la diplomatie pour éviter la guerre, mais « le moment est désormais venu de défendre la patrie », et que ses forces armées riposteront de manière « décisive et puissante ».
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
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