Ben Amed Azize Zougmore
05 Mars 2026•Mise à jour: 06 Mars 2026
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a affirmé ce jeudi, que « la responsabilité première » de la crise actuelle au Moyen-Orient incombe à l’Iran, tout en appelant à un arrêt rapide des frappes et à une reprise des efforts diplomatiques.
« Nous avons clairement dit qu’un arrêt des frappes au plus vite est indispensable », a déclaré le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay, Glenn Salic, soulignant que la France continue de plaider pour « le retour de la diplomatie » afin d’éviter une aggravation de la crise régionale.
Interrogé par des journalistes sur l’argument de la responsabilité iranienne, alors que certains observateurs affirment qu’il n’existait pas de préparatifs d’attaque imminente de la part de Téhéran, le porte-parole a défendu la position française en évoquant plusieurs facteurs structurels.
Selon lui, « c’est l’Iran qui a développé un programme nucléaire contre un nombre important de résolutions du Conseil de sécurité », ainsi qu’un programme balistique jugé déstabilisateur pour la région. Il a également accusé Téhéran de soutenir des acteurs armés dans plusieurs pays du Moyen-Orient, contribuant selon Paris à l’instabilité régionale.
La question de la situation au Liban a également été soulevée lors de cet échange avec la presse. Une journaliste a évoqué plus de 10 000 violations du cessez-le-feu attribuées à Israël selon certaines sources internationales, tout en affirmant que des attaques du Hezbollah n’auraient causé aucune victime en Israël, accusant la France de ne pas condamner clairement l’action israélienne.
Le chef de la France insoumise LFI avait également critiqué la position de la France, estimant sur la plateforme sociale X, qu’ « il est pénible d'entendre le Président français retirer toute responsabilité de la situation à Trump et Netanyahu ».
Sans argument clair et solide, Glenn Salic s’est contenté de rappeler que Paris avait appelé Israël à éviter toute offensive terrestre et a réaffirmé que le Hezbollah devait « cesser ses attaques », saluant au passage les décisions des autorités libanaises visant à limiter les actions du mouvement.
La cohérence de la position diplomatique française dans la crise au Moyen-Orient a occupé une bonne partie des échanges entre le parole-parole adjoint, visiblement pas très à l’aise en évoquant certaines questions, et la presse. La position de Paris est jugée « peu claire » pour certains observateurs, surtout lorsqu’on la compare à celle de l’Espagne, qui a adopté une ligne plus critique à l’égard des opérations militaires menées contre l’Iran, refusant l’usage de ses bases militaires par les Etats-Unis.
Concernant les menaces commerciales évoquées par le président américain Donald Trump à l’encontre de Madrid a cet effet, le porte-parole a indiqué que le président français Emmanuel Macron avait exprimé « la solidarité européenne de la France » au Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.
Alors qu’elle clame son soutien à une résolution diplomatique et au multilatéralisme, la France a également été interrogée sur son absence aux travaux du groupe de La Haye, une initiative internationale réunissant plusieurs États autour de l’application du droit international concernant la question palestinienne.
Le porte-parole a indiqué ne pas disposer d’éléments précis sur cette réunion, tout en réaffirmant l’attachement de la France au multilatéralisme et au respect du droit international, rappelant que Paris soutient les travaux de la Cour internationale de justice.
36 000 Français de passage recensés dans la région
Sur le plan consulaire, le Quai d’Orsay a précisé que 36 000 ressortissants français « de passage » au Moyen-Orient sont actuellement enregistrés sur le dispositif Ariane, une plateforme permettant aux voyageurs de recevoir des alertes et des consignes de sécurité. Ce chiffre était précédemment estimé à 35 000.
Le ministère a également rappelé qu’environ 400 000 Français résident ou séjournent dans l’ensemble de la région, appelant les ressortissants présents sur place à s’inscrire sur le dispositif Ariane afin de faciliter leur prise en charge en cas de crise.
Paris a annoncé mardi affréter des vols pour rapatrier ses ressortissants "les plus vulnérables" présents dans les pays du Moyen-Orient touchés par la guerre.
Samedi, une vaste offensive militaire américano-israélienne a été lancée contre l’Iran, entraînant la mort de plusieurs hauts responsables iraniens, dont le guide suprême Ali Khamenei, et plongeant la région dans un embrasement.
Téhéran a riposté par des frappes de drones et de missiles visant Israël ainsi que des sites régionaux abritant des installations militaires américaines, alimentant une forte escalade des tensions au Moyen-Orient.