Paris défend le SCAF et appelle Berlin à préserver un « projet politique » stratégique
- « Ça fait huit ans qu’on y travaille et on se battra jusqu’au bout pour qu’il aboutisse, jusqu’à la dernière seconde », a déclaré Jean-Noël Barrot, appelant à une responsabilité politique au sujet du Système de combat aérien du futur
AA / Istanbul / Ben Amed Azize Zougmore
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé dimanche que le Système de combat aérien du futur (SCAF) constitue « un projet essentiel pour la sécurité de la France, de l’Allemagne et de l’Europe », assurant que Paris se « battra jusqu’au bout » pour son aboutissement.
S’exprimant dans l’émission « Questions politiques » diffusée sur franceinfo, France Inter et en partenariat avec Le Monde, le chef de la diplomatie française a appelé les industriels impliqués à faire preuve de compromis.
« Il faut que les industriels fassent un pas chacun dans la direction l’un de l’autre », a-t-il déclaré, soulignant que le SCAF « n’est pas simplement un projet d’équipement militaire », mais « un projet politique ».
« Ça fait huit ans qu’on y travaille et on se battra jusqu’au bout pour qu’il aboutisse, jusqu’à la dernière seconde », a-t-il ajouté, en référence aux interrogations récemment exprimées par le chancelier allemand Friedrich Merz sur l’avenir du programme.
Lancé en 2017 par le président français Emmanuel Macron et l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel, puis rejoint par l’Espagne en 2019, le SCAF prévoit le développement d’un avion de combat de nouvelle génération, accompagné de drones interconnectés et d’un système de communication numérique avancé, qualifié de « cloud de combat ».
Berlin s’était engagé à se prononcer sur la poursuite de sa participation au projet avant la fin de 2025, mais cette décision a été reportée à plusieurs reprises.
Ces déclarations interviennent quelques jours après un entretien diffusé le 18 février dans lequel Friedrich Merz a estimé que l’Allemagne n’avait pas besoin du même avion que la France, laissant entendre que Berlin pourrait se retirer du programme.
Le projet est également marqué par des tensions industrielles. Le groupe français Dassault Aviation, désigné maître d’œuvre, revendique une autonomie accrue dans la conception de l’appareil, une position contestée par Airbus, qui représente les intérêts allemand et espagnol.
La semaine dernière, des responsables industriels allemands ont évoqué la possibilité pour Berlin de développer un avion de combat en coopération avec d’autres partenaires.
