Monde

Paris appelle Israël à « s’abstenir » d’opérations terrestres au sud du Liban

- Jean-Noël Barrot met en garde contre de lourdes conséquences humanitaires et salue l’expulsion de l’ambassadeur iranien par Beyrouth

Serap Doğansoy  | 24.03.2026 - Mıse À Jour : 24.03.2026
Paris appelle Israël à « s’abstenir » d’opérations terrestres au sud du Liban

Istanbul

AA / Istanbul / Serap Dogansoy

La France a exhorté ce mardi Israël à « s’abstenir » de mener des opérations terrestres visant à s’emparer d’une zone du sud du Liban, mettant en garde contre des conséquences humanitaires « majeures », a déclaré le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.

« Nous exhortons les autorités israéliennes à s’abstenir de telles opérations terrestres qui auraient des conséquences humanitaires majeures et qui aggraveraient la situation déjà dramatique du pays », a indiqué le chef de la diplomatie française lors d’un entretien avec la presse.

Dans le même temps, Barrot a salué la « décision courageuse » du gouvernement libanais d’expulser l’ambassadeur d’Iran en poste à Beyrouth, estimant que l’engagement du Hezbollah, mouvement politico-militaire libanais soutenu par Téhéran, aux côtés de l’Iran avait contribué à entraîner le Liban dans le conflit.

Selon le ministre, cette implication intervient alors que le pays « était en train de se remettre, lentement mais sûrement, des crises précédentes ».

De son côté, le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Saar, a également salué l’expulsion de l’ambassadeur iranien. Dans un message publié sur le réseau social américain X, il a appelé les autorités libanaises à « prendre des mesures concrètes et significatives » contre le Hezbollah, allié de l’Iran et représenté par deux ministres au sein du gouvernement libanais.

Le Hezbollah est une organisation chiite libanaise à la fois politique et armée, soutenue par l’Iran, acteur régional majeur au Moyen-Orient. Le sud du Liban constitue une zone frontalière sensible avec Israël, régulièrement marquée par des tensions et des affrontements.​​​​​​​

Selon l’Organisation des Nations unies (ONU), plus d’un million de personnes ont été déplacées au Liban, dont environ 367.000 enfants, à la suite de l’intensification des frappes israéliennes à travers le pays. L’ONU a également fait état de frappes ayant touché des zones résidentielles à Beyrouth ainsi que des infrastructures de santé, notamment trois hôpitaux publics endommagés.

La mission de maintien de la paix de l’ONU au Liban (FINUL) a signalé une dégradation marquée de la situation sécuritaire, évoquant des échanges de tirs intenses, une intensification des opérations aériennes et terrestres, ainsi qu’une présence accrue des forces israéliennes sur le territoire libanais.

L’ONU a appelé l’ensemble des parties à éviter une escalade et à privilégier les canaux diplomatiques, en rappelant la nécessité de mettre en œuvre la résolution 1701 du Conseil de sécurité, adoptée en 2006 pour mettre fin aux hostilités entre Israël et le Hezbollah et stabiliser la frontière.

Selon les autorités libanaises, les violences ont fait 912 morts et plus de 2.200 blessés, tandis que les affrontements se poursuivent sans signe d’accalmie.

Cette escalade s’inscrit dans un contexte régional élargi, marqué par des frappes aériennes menées depuis le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, auxquelles Téhéran a répondu par des attaques de drones et de missiles visant Israël et plusieurs pays de la région.​​​​​​​

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.