Lassaad Ben Ahmed
14 Mai 2018•Mise à jour: 14 Mai 2018
AA / Pascal Mulegwa
Le tribunal spécial ougandais pour les crimes internationaux a ouvert lundi dans la capitale, Kampala, un "avant–procès" contre une trentaine de rebelles ougandais, dont Jamil Mukulu, le chef des rebelles ougandais des forces démocratiques alliés (ADF), a rapporté la presse locale.
Ils sont poursuivis pour plusieurs massacres de civils dans l’Est de la RD Congo.
Mukulu a été arrêté en Tanzanie le 19 mars 2015 avant d'être extradé vers l'Ouganda pour être traduit devant la justice et répondre au sujet des atrocités commises par sa rébellion qui a également été déclarée "organisation terroriste".
Mukulu est également poursuivi par la justice de son pays pour "rébellion, meurtres et terrorisme".
Les suspects, 35 au total, y compris Mukulu, sont arrivés menottés et leurs jambes enchaînées.
À son arrivée, Mukulu a déclaré qu'il n'était pas un meurtrier et qu'il n'était pas, non plus, coupable des accusations portées contre lui, selon le quotidien ougandais "The Observer".
"Je ne suis pas un meurtrier, les gens qui ont tué sont dans ce pays, ce pays est plein de mafias", a déclaré Mukulu.
La séance d'essai sera présidée par la juge Eva Luswata et devrait durer un mois, a écrit lundi le quotidien Ougandais "Daily Monitor".
L’avant-procès est une phase obligatoire dans ce tribunal spécialisé qui dépend directement de la cour suprême de justice.
Lors d’un point de presse tenu dimanche à Kampala, le porte-parole du parquet ougandais, Salomon Muyita, a prévenu que le bâtiment de la Cour suprême sera hautement sécurisé tout au long du déroulement de cet avant-procès.
Mukulu, détenu dans une prison de haute sécurité dans le sud de Kampala est accusé d'avoir lancé une rébellion, recrutant des réfractaires de l’armée gouvernementale en 1995.
Son mouvement rebelle est accusé d'avoir orchestré en 1998, une attaque contre un institut technique, l'incendiant et causant la mort de plus de 80 étudiants.
Le parquet accuse également Mukulu d’avoir abattu personnellement ou commandité le meurtre de plusieurs imams ougandais entre 2013 et 2015.
Dans l’Est de la RDC, précisément dans le territoire de Beni frontalier avec l’Ouganda, les ADF sont accusés par Kinshasa, l’ONU et la société civile d’avoir massacré un millier de civils congolais depuis 2014.
A cela s’ajoute un assaut en décembre dernier contre une base de l’ONU. Quinze Casques bleus ont été tués, constituant la pire attaque contre l’ONU depuis deux décennies. Kinshasa réclame instamment son extradition.