AA/Kampala (Ouganda)/ Halima Athumani
L’ONG de défense des droits de l’Homme Amnesty International a exhorté le gouvernement ougandais à réviser trois textes législatifs adoptés durant ces dix-huit derniers mois, en affirmant que ces lois ont mené à une augmentation de la répression par l’Etat.
« La répression en Ouganda est de plus en plus cautionnée par l’Etat à travers l’utilisation d’une législation ouvertement discriminatoire qui restreint les droits garantis par la Constitution nationale » a déploré, jeudi, en livrant ses déclarations à l’Agence Anadolu (AA), la Directrice adjointe régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est, Sarah Jackson.
«Le gouvernement doit agir maintenant pour réviser ces lois nuisibles qui menacent les fondamentaux des droits de l’Homme en Ouganda » a affirmé la directrice adjointe d’Amnesty.
Un rapport de l’ONG, publié jeudi en Ouganda, révèle que trois récents textes législatifs - la loi relative à la gestion de l’ordre public, la loi anti-homosexualité (annulée) et la loi anti-pornographie - ont servi à transgresser les droits humains fondamentaux dans ce pays de l’Afrique de l’Est.
«Nous avons des exemples de personnes arrêtées arbitrairement et maltraitées en détention, ainsi que des rassemblements politiques réprimés» a expliqué Jackson à Anadolu.
Les trois lois ont été adoptées par le Parlement et promulguées par le président ougandais, Yoweri Museveni, entre août 2013 et février 2014.
Un responsable d’une ONG locale, la «Human Rights Network Uganda », Steven Odong, confirme le constat de la directrice adjointe régionale d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Est.
«L’enjeu concernant cette loi [relative à la gestion de l’ordre public] est que nous avons observé une application sélective, telle que l’interdiction de rassemblements politiques de partis d’opposition et de groupes de la société civile à l'instar de « Black Monday » a estimé Odong.
Le mouvement « Black Monday » a été lancé par des activistes locaux pour protester contre le vol des fonds publics. Plusieurs des activités du groupe ont été réprimées par la police et plusieurs de ses membres arrêtés en vertu de la loi relative à la gestion de l’ordre public, d'après l'activiste des droits de l'Homme.