OTAN: la Russie « deviendra plus dangereuse » après la guerre, selon Radmila Shekerinska
- À Munich, la secrétaire générale déléguée de l’OTAN a appelé les Alliés à accélérer leurs investissements et leur production dans le secteur de la défense face à un environnement sécuritaire mondial jugé de plus en plus instable
Istanbul
La secrétaire générale déléguée de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), Radmila Shekerinska, a affirmé que « tous nos rapports de renseignement et analyses politiques indiquent que la Russie deviendra encore plus dangereuse après la fin de la guerre ».
S’exprimant lors de la 62e édition Conférence de Munich sur la sécurité, en Allemagne, dans le cadre d’un panel intitulé « Européens, rassemblez-vous. Reprendre la main dans un monde plus difficile », elle a estimé que l’évolution de la production militaire russe confirmait cette tendance.
« Si l’on examine leur production et leur structure militaires, tout cela envoie le message que l’orientation expansionniste de la politique étrangère russe est devenue la norme », a-t-elle déclaré, soulignant que les investissements des alliés dans la défense et la production demeureraient une priorité.
Radmila Shekerinska a également décrit l’environnement sécuritaire mondial comme « plus complexe, plus conflictuel et plus difficile que jamais », appelant à mobiliser l’ensemble des capacités disponibles pour y faire face.
- Accélérer la production de défense
Elle a indiqué que le sommet prévu en juillet à Ankara abordera la nécessité pour les alliés d’augmenter leur production, ainsi que l’adaptation des cadres juridiques pour faciliter cet effort. Elle a notamment insisté sur la nécessité d’accélérer les procédures de vente des équipements de défense.
« Si l’on regarde les chiffres concernant des capacités essentielles et urgentes, comme la défense aérienne en Ukraine, la production est insuffisante des deux côtés de l’Atlantique », a-t-elle averti, qualifiant l’augmentation rapide des capacités industrielles de défense d’« urgence ».
« Ne pas oublier la Türkiye, le Royaume-Uni et la Norvège »
Évoquant les investissements dans l’industrie de défense, la responsable de l’OTAN a cité les contributions des États-Unis, du Canada et des alliés européens, en soulignant : « N’oubliez pas la Türkiye, le Royaume-Uni et la Norvège. »
Selon elle, ces efforts participent au renforcement de l’Alliance et de son pilier européen. « Nous avons besoin des atouts de l’OTAN pour obtenir des résultats lorsque cela est nécessaire », a-t-elle conclu.
*Traduit du turc par Ben Amed Azize Zougmore
