Bilal Müftüoğlu
31 Octobre 2016•Mise à jour: 01 Novembre 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La police française est intervenue, lundi matin dans le nord-est de Paris, contre un campement de migrants en récupérant leurs tentes et plaçant certains d'entre eux en rétention.
Mobilisés dans le cadre d'une opération de "contrôle administratif", deux cordons de compagnies républicaines de sécurité (CRS) ont encerclé des centaines de migrants qui ont récemment installé des tentes en pleine rue dans le quartier de Stalingrad, après une première relocalisation des migrants occupant ces lieux en septembre dernier.
Les policiers ont récupéré les affaires et tentes des migrants dont le nombre frôle désormais les 2000 depuis le début du démantèlement du camp de Calais (Nord) sans pour autant évacuer les lieux. En effet, ce contrôle administratif ne s'inscrit pas dans le cadre d'une opération de "mise à l'abri" qui se traduit par l'évacuation des lieux et l'orientation des migrants vers des centres d'accueil.
L'opération de lundi matin a plus particulièrement visé les Afghans qui se sont installés sous le pont aérien de la station de métro Jaurès. Certains d'entre eux sont arrivés après le démantèlement de la jungle de Calais, qui a démarré la semaine dernière, alors que d'autres sont passés par plusieurs pays européens avant d'atteindre directement Paris.
Janzif, un jeune Afghan de 31 ans, explique qu'il est venu d'Allemagne il y a un mois dans l'objectif de traverser la Manche. "Je regrette d'être venu en France. Si j'avais su ce qui m'arriverait ici je ne serais jamais parti d'Allemagne", déplore-t-il, ajoutant que d'autres pays sur son itinéraire, comme la Belgique et l'Italie proposaient, comme l'Allemagne, des meilleures conditions d'accueil que la France.
Ejaz, Afghan de 22 ans, est à Paris depuis 20 jours mais vit en Europe depuis deux ans. Initialement installé en Finlande où sa demande d'asile avait été refusée, il a dû partir en France pour ne pas être expulsé vers l'Afghanistan. "Les policiers ont déjà arrêté une dizaine d'entre nous la semaine dernière mais nous sommes nombreux ici en attente d'une solution", confie-t-il.
Les arrestations, qui ont par ailleurs continué ce lundi matin, donneront lieu à une évacuation totale des lieux, dans le courant de la semaine, a annoncé pour sa part Manuel Valls, Premier ministre français, depuis le Ghana où il était en visite officielle ce week-end.
La mairie de Paris a exigé de son côté que cette évacuation soit accompagnée d'une opération de mise à l'abri, en alertant toutefois que ses futurs centres d'accueil ne pourront pas accepter ces migrants.
Dans une lettre adressée à Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, Anne Hidalgo, maire de Paris, a insisté sur "l'absolue nécessité" de trouver un hébergement pour ces migrants qui "dorment pour certains dans les rues de Paris depuis plusieurs semaines". Le futur centre d'accueil aux abords de la Porte de la Chapelle "n'a pas vocation", toutefois, à accepter ces migrants et "n'en a pas la capacité", a encore soutenu l'édile de Paris dans sa lettre.