Mennatallah H. H. M. Said A.
09 Août 2022•Mise à jour: 09 Août 2022
AA/Istanbul
Un rapport publié par une commission d'enquête des Nations unies a révélé, mardi, la multiplication des preuves de crimes contre l'humanité
"Des crimes contre l'humanité continuent d'être commis systématiquement au Myanmar", a déclaré le Mécanisme d'enquête indépendant pour le Myanmar dans son rapport annuel.
Le rapport a été publié à peine deux semaines avant la commémoration du cinquième anniversaire de l'exode massif de près d'un million de Rohingyas du Myanmar.
Nicholas Koumjian, Chef du Mécanisme d’enquête indépendant de l’ONU pour le Myanmar, a déclaré dans un communiqué de presse : ''les crimes contre les femmes et les enfants font partie des crimes internationaux les plus graves, mais ils sont aussi historiquement peu signalés et font l’objet d’enquêtes insuffisantes''.
"Notre équipe a consacré l’expertise nécessaire pour assurer une sensibilisation et des enquêtes ciblées afin que ces crimes puissent être poursuivis'', a-t-il ajouté.
Koumjian a en ce sens souligné ''la nécessité de veiller à ce que les auteurs de ces crimes ne demeurent pas impunis''.
"Nous recueillons des preuves et les conservons jusqu'au jour où ils rendront des comptes", a-t-il ajouté.
Le chef de la commission d'enquête de l'ONU a souligné la difficulté de rapatrier les Rohingyas dans leurs foyers à l'heure actuelle jusqu'à ce que les auteurs des crimes répondent de leurs actes.
''Alors que les Rohingyas expriment constamment leur désir d’un retour sûr et digne au Myanmar, cela sera très difficile à réaliser s’il n’y a pas de responsabilité pour les atrocités commises à leur encontre, y compris par des poursuites des individus coupables de ces crimes'', a affirmé Koumjian.
Le rapport a été préparé après avoir recueilli ''plus de trois millions d'informations provenant de près de 200 sources depuis le début des opérations il y a trois ans''.
D'après la même source, ''les crimes sexuels, dont les viols et d'autres formes de violence sexuelle ont été perpétrés par des membres des forces de sécurité et des groupes armés à l'encontre des enfants''.
Le rapport indique que des enfants sont soumis à la torture, au recrutement et à la détention arbitraire.
''De nombreux éléments indiquent que depuis la prise du pouvoir par les militaires en février 2021, des crimes ont été commis à une échelle et d’une manière qui constituent une attaque généralisée et systématique contre une population civile'', a précisé le rapport.
Et d'ajouter que ''quatre personnes ont été exécutées par l'armée du Myanmar le mois dernier''.
Depuis le 25 août 2017, les forces armées du Myanmar et des milices bouddhistes mènent une campagne militaire en perpétrant des massacres brutaux à l’encontre des Rohingya dans l’Arakan.
Ces crimes ont généré la mort de milliers de Rohingya, selon des sources locales et internationales convergentes, parallèlement à l’exil de près d’un million de personnes vers le Bangladesh, sur la base de statistiques onusiennes.
Le gouvernement du Myanmar considère les Rohingyas comme des ''migrants illégaux ''en provenance du Bangladesh, tandis que l’ONU les classe comme la minorité la plus persécutée au monde.
*Traduit de l'arabe par Hajer Cherni