ONU : l’intervention militaire américaine au Venezuela porte atteinte à un principe fondamental du droit international
- L’ONU estime que l’intervention militaire américaine au Venezuela viole un principe fondamental du droit international et met en garde contre une aggravation de l’instabilité et des atteintes aux droits humains dans le pays
Geneve
AA / Genève / Muhammet Ikbal Arslan
La porte-parole du Bureau des droits de l’homme des Nations unies, Ravina Shamdasani, a déclaré que « l’intervention des États-Unis au Venezuela porte clairement atteinte à l’un des principes fondamentaux du droit international, à savoir celui selon lequel les États ne doivent pas menacer ou recourir à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État ».
Shamdasani s’exprimait lors du point de presse hebdomadaire du Bureau des Nations unies à Genève, en réponse à des questions concernant l’intervention militaire américaine au Venezuela.
Indiquant que le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Turk, était profondément préoccupé par la situation au Venezuela à la suite de l’intervention militaire menée par les États-Unis au cours du week-end, la porte-parole a estimé que « l’intervention des États-Unis au Venezuela porte clairement atteinte à l’un des principes fondamentaux du droit international, à savoir celui selon lequel les États ne doivent pas menacer ou recourir à la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État ».
Shamdasani a déclaré que les États-Unis tentaient de légitimer leur intervention en invoquant le lourd et ancien bilan du gouvernement vénézuélien en matière de violations graves des droits de l’homme, ajoutant que l’obligation de rendre des comptes pour ces violations ne pouvait être assurée par des interventions militaires unilatérales contraires au droit international.
Soulignant que le peuple vénézuélien a droit à ce que des responsabilités soient établies à travers un processus équitable et centré sur les victimes, Shamdasani a rappelé que, comme l’indiquent clairement les rapports cohérents du Bureau des droits de l’homme des Nations unies depuis près de dix ans, la situation au Venezuela ne cesse de se détériorer et les droits de la population y sont violés depuis longtemps.
L’avenir du Venezuela doit être décidé par son peuple
Shamdasani a affirmé : « Nous craignons que, à la suite de l’intervention américaine, l’instabilité actuelle et une militarisation accrue n’aggravent davantage la situation. La déclaration de l’état d’urgence par les autorités vénézuéliennes, entrée en vigueur le 3 janvier, suscite des inquiétudes, car elle prévoit des restrictions à la liberté de circulation, la saisie de biens jugés nécessaires à la défense nationale, ainsi que la suspension des droits de réunion et de manifestation. »
Elle a indiqué que le Haut-Commissaire Turk avait appelé les autorités américaines et vénézuéliennes, ainsi que la communauté internationale, à respecter pleinement le droit international, y compris les droits de l’homme, soulignant que l’avenir du Venezuela devait être déterminé uniquement par le peuple vénézuélien, sur la base du plein respect des droits de l’homme, y compris le droit à l’autodétermination et la souveraineté sur ses ressources naturelles.
Rappel des faits
Des explosions et des bruits d’avions avaient été entendus le 3 janvier vers 02h00 heure locale dans la capitale vénézuélienne, Caracas.
À la suite de ces explosions, les autorités vénézuéliennes ont accusé les États-Unis d’avoir mené des attaques contre des installations civiles et militaires dans plusieurs régions du pays.
Le président américain Donald Trump a annoncé qu’une attaque de grande ampleur avait été menée contre le président vénézuélien Nicolas Maduro et que ce dernier, ainsi que son épouse, avaient été transférés hors du pays.
La ministre américaine de la Justice, Pam Bondi, a déclaré que des poursuites avaient été engagées aux États-Unis contre Maduro et son épouse Cilia Flores, précisant que Maduro faisait face à des accusations de « narcoterrorisme, trafic de cocaïne et possession de mitrailleuses et de dispositifs destructeurs contre les États-Unis ».
Les autorités vénézuéliennes ont appelé la communauté internationale à condamner les États-Unis, tandis que certains pays ont critiqué l’attaque et que d’autres ont exprimé leur soutien à Washington.
* Traduit du turc par Seyma Erkul Dayanc
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