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Nucléaire iranien : Téhéran prêt à réduire l’uranium enrichi à 60 % si les sanctions sont levées

- L’uranium enrichi iranien au cœur des négociations nucléaires en cours avec les États-Unis

Syed Zafar Mahdi  | 09.02.2026 - Mıse À Jour : 09.02.2026
Nucléaire iranien : Téhéran prêt à réduire l’uranium enrichi à 60 % si les sanctions sont levées

Istanbul

AA / Téhéran, Iran / Syed Zafar Mehdi

Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Mohammad Eslami, a indiqué lundi qu’une « possible dilution » de l’uranium enrichi à 60 % pourrait être envisagée en cas de levée totale des sanctions imposées à l’Iran.

« Cette question dépend du fait que toutes les sanctions soient levées ou non en contrepartie », a déclaré Eslami à des journalistes à Téhéran.

Il a toutefois rejeté les informations faisant état d’un transfert de l’uranium enrichi hors du pays, affirmant que cette question est portée par des « groupes de pression » opposés à l’Iran.

Le responsable du nucléaire a souligné que le transfert de l’uranium enrichi « n’a jamais été à l’ordre du jour » et qu’il n’a fait l’objet d’aucune discussion dans le cadre des négociations en cours avec les États-Unis.

L’Iran et les États-Unis ont repris lundi à Mascate leurs discussions nucléaires indirectes, sous médiation omanaise, près de huit mois après la suspension des pourparlers à la suite d’une attaque israélienne contre l’Iran, qui avait déclenché une guerre de 12 jours.

Les évaluations des deux parties se sont révélées positives à l’issue de ce dernier cycle de négociations, mené dans un contexte de fortes tensions liées au renforcement de la présence militaire américaine dans le golfe Persique.

L’un des sujets largement relayés par les médias concerne le sort de 400 kg d’uranium enrichi, certains rapports affirmant que Washington aurait demandé à Téhéran de le transférer vers un pays tiers.

Ali Shamkhani, conseiller principal du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, et chef du Conseil iranien de défense récemment créé, avait auparavant démenti tout projet de transfert de l’uranium enrichi à l’étranger, estimant qu’il n’existait « aucune raison » de le faire.

Eslami a également évoqué l’accord sur les « garanties » conclu avec l’agence nucléaire de l’ONU, affirmant que Téhéran entretient une « interaction continue » avec l’organe de contrôle au sujet des sites attaqués par les États-Unis en juin 2025, « dans le cadre des garanties ».

Il a précisé que le point central des négociations en cours porte sur les « droits de la nation iranienne », rappelant que l’agence onusienne est « tenue, conformément à sa propre loi, d’encourager, de soutenir et de faciliter le développement pacifique de la technologie nucléaire ».

Dans ce contexte, il a critiqué l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour être « restée silencieuse » face aux frappes visant des sites nucléaires iraniens placés sous le régime des garanties.

Trois sites nucléaires clés, Fordo, Ispahan et Natanz, ont été bombardés par des avions américains B-2 le 22 juin, dix jours après le début de la guerre entre l’Iran et Israël. À la suite de ces frappes, des responsables américains ont affirmé que le programme nucléaire iranien avait été « anéanti ».

À titre de rappel, l’accord nucléaire de 2015 autorisait l’Iran à enrichir l’uranium jusqu’à 3,6 %. Téhéran a commencé à relever le niveau d’enrichissement après le retrait des États-Unis de l’accord en 2018, atteignant récemment un taux de pureté de 60 %.


* Traduit de l'anglais par Adama Bamba

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