Nucléaire : le chef de la diplomatie iranienne dit qu’un accord reste possible avec les États-Unis
- Le ministre iranien des Affaires étrangères affirme que des négociations substantielles peuvent reprendre si la confiance est rétablie avec Washington, tout en mettant en garde contre le risque d’un conflit régional
Istanbul
AA / Istanbul / Seyit Kurt
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré ce dimanche qu’un accord nucléaire avec les États-Unis restait possible si la confiance entre les deux pays était rétablie, avertissant qu’une confrontation militaire constituerait « un désastre pour tout le monde ».
Dans un entretien à CNN International, Abbas Araghchi a indiqué ne pas craindre une guerre en tant que telle, mais des erreurs d’appréciation alimentées par de fausses informations et par des tentatives extérieures visant à pousser Washington au conflit.
Le chef de la diplomatie iranienne a reconnu que l’Iran avait perdu confiance dans les États-Unis comme partenaire de négociation, tout en précisant que des pays de la région jouaient un rôle d’intermédiaires pour transmettre des messages et tenter de rétablir la confiance. « Malheureusement, nous avons perdu notre confiance dans les États-Unis en tant que partenaire de négociation. Nous devons surmonter cette méfiance », a-t-il dit.
Il a qualifié les échanges en cours de « fructueux » et estimé qu’ils pouvaient préparer le terrain à des discussions de fond. Selon lui, l’essentiel doit porter sur la « substance » des négociations, relativisant la question de savoir si les contacts sont directs ou indirects.
Évoquant l’objectif affiché par le président américain Donald Trump d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, Abbas Araghchi a affirmé que Téhéran partageait cette position. « Je vois donc la possibilité de nouvelles discussions si l’équipe américaine suit ce que le président Trump a déclaré : parvenir à un accord juste et équitable garantissant l’absence d’armes nucléaires », a-t-il dit, ajoutant que l’Iran attendait en contrepartie une levée des sanctions.
Le ministre a rejeté toute extension des pourparlers au programme balistique iranien ou aux groupes alliés régionaux de Téhéran, jugeant que les négociateurs ne devaient pas poursuivre « des choses impossibles ».
Sur l’hypothèse d’une guerre avec les États-Unis, il a estimé qu’un tel conflit embraserait inévitablement la région en raison de la présence de bases militaires américaines dans plusieurs pays.
Abbas Araghchi a par ailleurs assuré que l’Iran avait tiré les leçons de ses affrontements précédents avec Israël, indiquant que ses capacités balistiques avaient été éprouvées en conditions réelles. « Nous sommes aujourd’hui très bien préparés. Mais être préparés ne signifie pas que nous voulons la guerre », a-t-il déclaré.
Répondant enfin aux préoccupations exprimées par Donald Trump concernant des détenus en Iran, il a nié tout projet d’exécution en lien avec les troubles récents et affirmé que les droits de toutes les personnes arrêtées ou détenues seraient respectés et garantis.
* Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy
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