Muhammed Akil
25 Décembre 2015•Mise à jour: 26 Décembre 2015
AA/ Yangon/ Muhammed Akil
Des centaines de manifestants, dont des moines et des artistes, se sont rassemblés, vendredi, en face de l'ambassade de Thaïlande, au centre de Yangon, la capitale du Myanmar, après la condamnation à la peine capitale de travailleurs émigrés myanmarais, dans une affaire d’assassinat de touristes britanniques, dans une station balnéaire thaïlandaise.
Un tribunal de la province thaïlandaise de Samui avait condamné à la peine de mort, les deux ouvriers accusés d'avoir violé et assassiné deux touristes britanniques, une femme de 23 ans et un homme de 24 ans, dans l'Île de Koh Tao, dans le sud du pays, en septembre 2014.
Le correspondant d’Anadolu présent sur les lieux a relevé la présence, en face de l’ambassade deThaïlande, de «près de 500 manifestants, brandissant des banderoles clamant "Nous demandons la justice"," Arrêtez la discrimination raciale contre les citoyens du Myanmar "et" Libérez nos citoyens" ».
Le célèbre comédien Khin Hlaing, qui a participé à la manifestation, a déclaré : «Nous sommes ici pour revendiquer la justice et le droits pour nos citoyens», ajoutant: «Il n’y a pas de crainte à avoir pour les ressortissants thaïlandais résidant au Myanmar, parce que nos protestations sont dirigées contre les pratiques gouvernementales thaïlandaises, et l'échec de son système judiciaire».
Pour sa part, Amnesty International a exprimé sa «profonde préoccupation», à la suite de la condamnation à mort des deux jeunes immigrés originaires du Myanmar.
Champa Patel, le directeur du Bureau régional pour l'Asie du Sud-Est et du Pacifique, de l'organisation, a déclaré, de son côté : «Les autorités thaïlandaises doivent tenir compte de leurs obligations internationales, et reprendre le procès dans le respect des normes du droit international et des droits humains ».
Patel a appelé à « une enquête indépendante sur les pratiques de la police thaïlandaise », connue, selon lui, pour son « usage de la torture, et d'autres formes de mauvais traitements, pour extorquer des aveux aux suspects et aux détenus ».
Andy Hall, un membre du réseau de défense des travailleurs immigrés en Thaïlande, avait déclaré, avant que le tribunal ne prononce sa sentence, qu’un « examen indépendant de l’ADN, a démontré des failles dans l'enquête préliminaire de la police ».
Hall s’est interrogé sur la validité des aveux de l'accusé, affirmant que « la Commission nationale pour les droits de l'homme, a trouvé des preuves que les aveux des accusés ont été extorqués sous la torture et la contrainte ».