Moyen-Orient : Paris appelle à une désescalade mais estime qu’elle dépend d’un « changement radical » de l’Iran
- Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot affirme que la France n’a « ni approuvé ni participé » aux frappes israélo-américaines, tout en jugeant que la fin des hostilités passe par des concessions majeures de Téhéran
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La France appelle à une « désescalade la plus rapide possible » dans la guerre opposant l’Iran à Israël et aux États-Unis, mais estime que celle-ci suppose un « changement radical de posture » de la République islamique d’Iran, a déclaré ce mardi le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
Invité de l’émission politique L’Événement sur France 2, le chef de la diplomatie française a réaffirmé que Paris n’avait « ni approuvé ni participé » aux frappes israélo-américaines ayant déclenché l’actuelle escalade militaire.
Selon lui, ces opérations ont été menées « sans but précisément défini » et « en dehors du droit international », ce qui explique la position critique de la France à leur égard.
Tout en appelant à une cessation rapide des hostilités, Jean-Noël Barrot a toutefois estimé que la désescalade dépendait en grande partie d’une évolution de la politique de Téhéran.
« Pour parvenir à cette désescalade, il me paraît essentiel que la République islamique d’Iran fasse enfin ces concessions indispensables », a-t-il déclaré.
Le ministre a indiqué que la diplomatie française portait ce message auprès de l’ensemble des parties impliquées dans le conflit, soulignant que Paris plaidait pour une fin rapide des combats afin d’éviter une aggravation de l’instabilité régionale.
Il a également évoqué les conséquences internationales de la guerre, citant notamment les risques pour la sécurité des ressortissants français dans la région, les tensions au Liban ainsi que les effets économiques liés à la hausse des prix des carburants.
Le chef de la diplomatie française a rappelé que la France poursuivait ses efforts diplomatiques pour favoriser une sortie de crise, tout en estimant qu’une solution durable devait permettre à l’Iran de « coexister pacifiquement avec ses voisins ».
Ces déclarations interviennent alors que le conflit, déclenché fin février par des frappes américaines et israéliennes contre des installations iraniennes, a provoqué une escalade militaire au Moyen-Orient et ravivé les inquiétudes concernant la sécurité énergétique mondiale et la stabilité de la région.
Les hostilités au Moyen-Orient se sont intensifiées depuis l’attaque conjointe lancée par Israël et les États-Unis contre l’Iran le 28 février, qui aurait fait jusqu’à présent plus de 1 200 morts, dont le guide suprême de l’époque, l’ayatollah Ali Khamenei. Mojtaba Khamenei, nommé cette semaine à ce poste, est son fils.
Téhéran a riposté par des frappes de drones et de missiles visant Israël, la Jordanie, l’Irak et plusieurs pays du Golfe abritant des installations militaires américaines. Huit soldats américains ont été tués depuis le début de la campagne.
