Ile-de-France
AA / Paris / Ümit Dönmez
Le chef d'État français Emmanuel Macron a mis en garde contre les risques d’une atteinte à la souveraineté du Groenland, affirmant que cela pourrait entraîner des « conséquences en cascade inédites ».
Lors du compte rendu du Conseil des ministres du 14 janvier, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a relayé la position présidentielle en ces termes : « Nous ne sous-estimons pas les déclarations sur le Groenland. Si la souveraineté d’un pays européen et allié était touchée, les conséquences en cascade seraient inédites. » Elle a ajouté que « la France suit la situation avec la plus grande attention et inscrira son action en pleine solidarité avec le Danemark et sa souveraineté ».
Paris a par ailleurs décidé de renforcer sa présence diplomatique directe au Groenland, en ouvrant un consulat à Nuuk le 6 février prochain, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Cette représentation, prévue depuis une visite d’Emmanuel Macron l’été 2025 et désormais concrétisée dans le contexte des tensions autour de la souveraineté groenlandaise, vise à « marquer notre volonté d’approfondir notre présence dans toutes les dimensions », y compris scientifique et stratégique, et à montrer le respect de l’autonomie du territoire danois face aux pressions externes
Pour rappel, le président américain Donald Trump a récemment déclaré que « le Groenland devrait appartenir aux États-Unis » et qu’un autre scénario serait « inacceptable pour la sécurité nationale ». Il a évoqué la possibilité d’une prise de contrôle du territoire « d’une manière ou d’une autre », sans exclure le recours à la force, selon des propos relayés par la presse américaine.
La Première ministre danoise a fermement rejeté ces déclarations, rappelant que le Groenland est un territoire autonome sous souveraineté danoise et que celui-ci « n’est pas à vendre ». Les cinq partis représentés au Parlement groenlandais ont publié une déclaration commune pour affirmer leur attachement à leur autonomie et leur refus catégorique de toute tentative d’ingérence ou d’annexion.
Des syndicats groenlandais ont également dénoncé les propos du président américain, les qualifiant de « provocation néocoloniale ».
En Europe, la position française s’inscrit dans une réponse diplomatique plus large. Bruxelles a rappelé son attachement au droit international et à l’intégrité des territoires européens. Plusieurs capitales, dont Berlin et Stockholm, ont exprimé leur soutien au Danemark, membre de l’Union européenne et de l’OTAN.
