Mourad Belhaj
06 Novembre 2019•Mise à jour: 06 Novembre 2019
AA - Berlin
L’Allemagne a déclaré que la réactivation par l’Iran des centrifugeuses du réacteur de Fordo était "inacceptable".
L’Iran a entamé, mercredi, la première mise en œuvre pratique de la quatrième phase de la réduction de ses obligations dans l’accord nucléaire, à savoir la réactivation des centrifugeuses dans le réacteur "Fordo", au sud de la capitale, Téhéran.
"C'est inacceptable et contraire aux obligations de l'Iran dans le cadre de l'accord nucléaire", a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, lors d'une conférence de presse à Berlin, mercredi, ajoutant que "Téhéran continue de compromettre l'accord."
Et de poursuivre : "nous demandons donc instamment à l'Iran de revenir sur toutes les mesures prises depuis juillet et de se conformer pleinement à ses obligations."
Maas a ajouté que Berlin était en discussion avec ses partenaires pour s’accorder sur la manière de gérer la situation.
"Notre objectif est de maintenir l'accord sur le nucléaire", a-t-il poursuivi, soulignant l'engagement des grandes puissances de l'Union européenne (UE) vis-à-vis de cet accord.
"Il est important que l'Iran se conforme à nouveau à l’accord et aide à réduire les tensions résultant des récentes violations", a-t-il déclaré.
"Deux mille kilogrammes d'hexafluorure d'uranium gazeux ont été transportés du réacteur de Natanz au réacteur de Fordo, sous la supervision d'inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)", a rapporté mercredi l'agence de presse iranienne, INA.
Le transfert de gaz va "démarrer les centrifugeuses du réacteur de Fordo, comme la première mise en œuvre pratique de la quatrième phase de la réduction par Téhéran de ses obligations dans le cadre de l'accord nucléaire".
L’Iran est en train de réactiver l’installation après y avoir suspendu ses activités dans le cadre de l’accord de 2015 sur le nucléaire.
Mardi soir, Téhéran a annoncé qu'elle commencerait, mercredi, l’enrichissement de l'uranium dans le réacteur de Fordo jusqu'à 5%, notant pouvoir atteindre les 20%.
L'Iran a déjà confirmé son intention de passer à la phase 4, à moins que les autres signataires de l'accord nucléaire ne remplissent leurs obligations.
En septembre, l'AIEA avait déclaré, dans un communiqué, qu'elle avait vérifié que "l’Iran avait installé ou avait commencé à installer 22 centrifugeuses ER-4 sur le site d’enrichissement de Natanz, ainsi qu’une ER-5 et 30 autres ER-6".
La décision iranienne faisait partie de la troisième phase, après avoir annoncé la première étape de la réduction de ses engagements dans le nucléaire, avant de porter, lors de la deuxième étape, l'enrichissement à un niveau interdit par l'accord.
L’Iran exhorte les parties européennes signataires à agir pour le protéger des sanctions américaines, depuis le retrait de Washington en mai 2018.
Avec son retrait, Washington a décidé d'imposer des sanctions économiques à l'Iran et aux sociétés étrangères ayant des liens avec Téhéran, poussant certaines entreprises, notamment européennes, à abandonner leurs investissements dans ce pays.