Londres réunit 35 pays pour Ormuz et prône un rapprochement avec l'Europe
- Le Premier ministre a annoncé que le Royaume-Uni avait rassemblé 35 nations autour d'une « déclaration d'intention » visant à agir de concert pour la sécurité maritime dans le Golfe
AA / Istanbul / Mariem Njeh
- « Ce n'est pas notre guerre »
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a exclu, mercredi, toute implication militaire directe du Royaume-Uni dans le conflit en cours au Moyen-Orient, annonçant en parallèle une initiative diplomatique regroupant 35 pays pour rétablir la navigation dans le détroit d'Ormuz. Il a également réaffirmé l'ancrage de Londres dans l'OTAN tout en plaidant pour un resserrement des liens sécuritaires avec le continent européen.
La cheffe de la diplomatie Yvette Cooper réunira le groupe virtuellement ce jeudi pour évaluer les options de réouverture du détroit "une fois les combats terminés", a précisé Starmer, relayé par la presse britannique.
« Ce n'est pas notre guerre. Nous ne serons pas entraînés dans ce conflit. Ce n'est pas dans notre intérêt national », a déclaré Starmer lors d'une allocution officielle.
Faisant le lien entre la crise géopolitique et l'économie intérieure, le chef du gouvernement a souligné que la priorité de Londres pour protéger le pouvoir d'achat des Britanniques était de faire pression pour une « désescalade au Moyen-Orient et une réouverture du détroit d'Ormuz », qualifié de « voie vitale pour l'énergie ».
- Une approche en deux temps : diplomatie d'abord, sécurisation militaire ensuite
Conformément à cette ligne, le Premier ministre a annoncé que le Royaume-Uni avait rassemblé 35 nations autour d'une « déclaration d'intention » visant à agir de concert pour la sécurité maritime dans le Golfe.
Rejetant pour l'heure l'idée d'une opération militaire immédiate, Keir Starmer a précisé qu'une réunion se tiendrait plus tard dans la semaine sous l'égide du ministre des Affaires étrangères. Ce sommet inédit aura pour but d'évaluer « toutes les mesures diplomatiques et politiques viables » permettant de restaurer la liberté de navigation, de garantir la sécurité des marins et des navires pris au piège, et de reprendre la circulation des marchandises essentielles.
L'option militaire est conditionnée à la fin des hostilités. « À la suite de cette réunion, nous convoquerons également nos planificateurs militaires pour examiner comment nous pouvons mobiliser nos capacités et rendre le détroit accessible et sûr une fois que les combats auront cessé », a-t-il affirmé, concédant avec gravité : « Je dois être franc avec les citoyens à ce sujet. Ce ne sera pas facile. »
- OTAN et alignement européen
Interrogé sur les alliances stratégiques du Royaume-Uni dans ce contexte de crise, Keir Starmer a tenu à maintenir un équilibre strict. S'il a qualifié l'OTAN d'alliance militaire « la plus efficace que le monde ait jamais connue » et réitéré l'engagement total de son pays, il a insisté sur la nécessité d'un ancrage européen plus fort.
« Indépendamment des pressions exercées sur moi et sur d'autres, indépendamment du bruit ambiant, j'agirai dans l'intérêt national britannique », a-t-il souligné. « Mais je suis tout aussi clair sur le fait qu'en matière de défense, de sécurité et d'avenir économique, nous devons avoir des liens plus étroits avec l'Europe. »
