Wassim Samih Seifeddine
04 Octobre 2022•Mise à jour: 04 Octobre 2022
AA/ Beyrouth
Le Liban a connu, mardi, trois opérations de prise d'assaut dans des banques en moins d'une heure. Elles ont été menées par des déposants réclamant la restitution de leur argent épargné, au vu de la détérioration de la situation économique du pays.
L'association libanaise "Cri des déposants" a annoncé, dans un post Facebook, qu'un des déposants, ali al-Sahli -un militaire à la retraite-, avait pris d'assaut la banque BLC, une succursale de la ville de Chtaura dans la vallée de la Bekaa (est), exigeant la restitution d'environ 25 500 dollars, avant que les forces de sécurité ne l'arrêtent.
L'association a également indiqué que les employés de la société d'électricité (gouvernementale) à Tripoli, au nord du Liban, s'étaient introduits dans une des succursales de First national bank (FNB).
Dans un incident similaire, le troisième du genre en une journée, un déposant a braqué une banque de la ville de Tyr (sud), pour le même motif.
Dans un tweet, l'association a expliqué que le déposant, Ali Hassan Hodroj, détenait une arme à feu et des otages à l'intérieur de la banque, exigeant son dépôt de 44 000 dollars pour pouvoir payer ses dettes.
En signe de protestation contre les incursions répétées, les banques ont fermé leurs portes pendant plusieurs jours en septembre dernier et exigé des autorités de leur fournir de la sécurité.
Depuis plus de deux ans et demi, les banques libanaises ont imposé des restrictions sur l'argent des déposants en devises étrangères, en particulier le dollar ainsi que des plafonds sévères sur les retraits d'argent en livres libanaises.
Depuis 2019, les Libanais souffrent d'une grave crise économique sans précédent, ayant entraîné un effondrement record de la valeur de la monnaie locale par rapport au dollar, ainsi qu'une pénurie de carburant et de médicaments, outre l'effondrement de leur pouvoir d'achat.
*Traduit de l'arabe par Malèk Jomni