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Liban : Quatre membres européens du G7 ainsi que le Canada appellent à éviter une offensive terrestre israélienne

- Les cinq pays condamnent les attaques contre les civils et la FINUL, et appellent à une désescalade immédiate

Mariem Njeh  | 16.03.2026 - Mıse À Jour : 16.03.2026
Liban : Quatre membres européens du G7 ainsi que le Canada appellent à éviter une offensive terrestre israélienne

Istanbul

AA / Istanbul / Mariem Njeh

Les dirigeants du Canada, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie et du Royaume-Uni ont publié dimanche une déclaration conjointe sur l'escalade du conflit entre Israël et le Hezbollah, exprimant leur « grave préoccupation » face à la violence croissante au Liban.

Appel à la désescalade et à une solution politique

« Nous sommes gravement préoccupés par l'escalade de la violence au Liban et appelons à un engagement significatif de la part des représentants israéliens et libanais pour négocier une solution politique durable », indique la déclaration. Les cinq pays affirment « soutenir fermement les initiatives visant à faciliter les pourparlers » et appellent à « une désescalade immédiate ».

Condamnation du Hezbollah

Les cinq dirigeants ont exigé que « les attaques du Hezbollah contre Israël et le ciblage des civils cessent » et que le mouvement « se désarme ». Ils ont condamné « la décision du Hezbollah de rejoindre l'Iran dans les hostilités, ce qui compromet davantage la paix et la sécurité régionales ».

Condamnation des attaques contre les civils et la FINUL

La déclaration condamne également « les attaques dirigées contre les civils, les infrastructures civiles, les personnels de santé et les infrastructures sanitaires, ainsi que contre la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) », qualifiant ces actions d'« inacceptables ». La déclaration ne mentionne pas explicitement l'auteur de ces attaques, se contentant d'appeler « toutes les parties » à respecter le droit international humanitaire.

Mise en garde contre une offensive terrestre

Les cinq pays ont averti qu'« une offensive terrestre israélienne significative aurait des conséquences humanitaires dévastatrices et pourrait conduire à un conflit prolongé », ajoutant qu'elle « doit être évitée ». Ils ont souligné que « la situation humanitaire au Liban, y compris les déplacements massifs en cours, est déjà profondément alarmante ».

Appel à la mise en œuvre de la résolution 1701

Les dirigeants ont réitéré leur appel à « la pleine mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU par toutes les parties » et ont exprimé leur soutien aux « efforts du gouvernement libanais pour désarmer le Hezbollah, interdire ses activités militaires et freiner ses hostilités armées ».

« Nous exprimons notre solidarité avec le gouvernement et le peuple libanais, qui ont été entraînés malgré eux dans ce conflit », ont-ils conclu.

La France avait fait part mardi de sa « vive préoccupation » face à l'escalade au Liban, annonçant la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU mercredi à New York.

Paris avait condamné « le choix irresponsable » du Hezbollah de s'associer aux attaques iraniennes contre Israël depuis le 1er mars, l'appelant à cesser ses opérations et à déposer les armes, tout en apportant son « plein soutien » aux autorités libanaises.

La France avait également appelé Israël à « s'abstenir de toute intervention terrestre ou d'envergure durable au Liban » et plaidé pour un retour immédiat au cessez-le-feu du 26 novembre 2024 et au respect de la résolution 1701.

Frappes israéliennes sur le Liban

Sur le terrain, la situation au Liban continue de se dégrader depuis le début des frappes israéliennes le 2 mars. Le ministère libanais de la Santé a porté le bilan à 826 morts et 2 009 blessés, parmi lesquels 106 enfants, 65 femmes et 31 professionnels de santé.

Dans un communiqué publié le 2 mars, l'armée israélienne avait indiqué que des sirènes avaient retenti dans le nord du pays après la détection de tirs de roquettes depuis le territoire libanais.

L'armée israélienne avait ensuite annoncé le lancement de frappes aériennes sur l'ensemble du Liban, ciblant notamment la capitale Beyrouth, avant de décider d'étendre son opération terrestre au Liban, où elle menait déjà des attaques intensives par voie aérienne et maritime.

L'Autorité de gestion des catastrophes, rattachée au gouvernement libanais, avait quant à elle indiqué que le nombre officiel de déplacés de force au Liban en raison de l'occupation et des frappes israéliennes avait dépassé les 830 000 personnes.

La FINUL a indiqué que ses activités sont « largement restreintes » en raison de la situation sécuritaire instable et dangereuse, précisant que ses patrouilles et activités quotidiennes sont entravées par des barrières érigées par l'armée israélienne, appelant à « la retenue et à la désescalade. »

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