Wassim Samih Seifeddine
15 Juillet 2021•Mise à jour: 15 Juillet 2021
AA/Beyrouth
Le Premier ministre libanais désigné Saad Hariri a renoncé à former un gouvernement.
C'est ce qui ressort d'une conférence de presse tenue par Hariri, à l’issue de sa rencontre avec le président de la République, Michel Aoun, au palais présidentiel, à l'est de la capitale, Beyrouth.
« La position du président Aoun n'a pas changé, et les amendements qu'il a demandés sont essentiels et affectent la nomination des ministres chrétiens. Le chef de l’Etat m'a dit qu'il est difficile de parvenir à un consensus, j’ai alors décidé de renoncer à former le gouvernement. Il est clair que nous ne sommes pas en mesure de nous mettre d’accord », a-t-il expliqué.
"Je lui ai proposé plus de temps pour réfléchir et il a dit que nous ne pourrons pas nous mettre d'accord. C'est pourquoi je me suis excusé de ne pas pouvoir former le gouvernement", a-t-il encore ajouté.
Jusqu'à 14h20 GMT, il n'y a eu aucun commentaire officiel de la présidence sur la position de Hariri. Néanmoins, la présidence libanaise avait déclaré, mercredi, par voie de communiqué, que la formation du gouvernement présentée par Hariri comprend de nouveaux noms et une nouvelle répartition des portefeuilles ministériels, sans donner de plus amples détails.
Le Premier ministre libanais désigné avait affirmé mercredi avoir présenté au président du pays, Michel Aoun, une formation gouvernementale de 24 ministres technocrates (non affiliés à des partis politiques), se conformant à l'initiative française ainsi que celle du Président du Parlement, Nabih Berri.
Lors de sa visite à Beyrouth après l'explosion du port, le président français Emmanuel Macron avait proposé une initiative pour former un gouvernement de technocrates qui mènerait des réformes financières et économiques, tandis que Berri avait présenté, début juin, une initiative pour résoudre la crise via la formation de 24 technocrates sans l’activation du tiers du blocage.
Le « tiers de blocage » signifie qu'une faction politique obtient un tiers du nombre de portefeuilles ministériels, ce qui lui permet de contrôler les décisions du gouvernement et de suspendre la tenue de ses réunions.
Depuis plus d'un an, le Liban endure sa pire crise économique depuis la fin de la guerre civile en 1990, exacerbée par les répercussions de la pandémie du coronavirus, et l'explosion catastrophique du port de Beyrouth le 4 août 2020.
Le Liban est considéré comme une arène de conflit pour les intérêts des pays régionaux et occidentaux, ce qui plonge le pays dans un inextricable enchevêtrement.
*Traduit de l’arabe par Wejden Jlassi