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L'Europe accélère la réglementation des réseaux sociaux destinés aux enfants

- Alors que certains pays de l'Union européenne ont légiféré pour que l'accès des enfants aux réseaux sociaux soit soumis à l'autorisation parentale, la plupart poursuivent leurs efforts pour instaurer des restrictions d'âge sur ces plateformes

İbrahim Hamdi Hacıcaferoğlu  | 10.02.2026 - Mıse À Jour : 11.02.2026
L'Europe accélère la réglementation des réseaux sociaux destinés aux enfants

Istanbul

AA / Istanbul / Ibrahim Hamdi Hacicaferoglu

L'Union européenne (UE) et ses États membres ont intensifié leurs efforts pour encadrer l'accès des enfants et des jeunes aux réseaux sociaux, compte tenu du temps considérable qu'ils y passent.

Suite à l'annonce du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez concernant l'interdiction d'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, des mesures en ce sens ont refait surface en Europe.

Le temps passé en ligne augmente chaque jour dans l'ensemble de la société, et les infractions telles que la manipulation de l'opinion, la désinformation, les discours haineux, la violation des données personnelles et la fraude sont de plus en plus fréquentes sur les plateformes numériques.

Par ailleurs, les enfants, considérés comme le groupe le plus vulnérable parmi les utilisateurs des réseaux sociaux, sont particulièrement exposés aux conséquences néfastes telles que le cyberharcèlement et les contenus inappropriés.

Afin de protéger les enfants dans l'environnement numérique, des pays et des organisations internationales du monde entier mettent en place des réglementations juridiques ciblant les entreprises de médias sociaux, et certains pays disposent déjà d'une telle réglementation.

L'UE et ses États membres figurent parmi ceux où une réglementation est à l'ordre du jour ou a déjà été mise en œuvre.

La Commission européenne accueille favorablement les initiatives des États membres visant à restreindre l'accès aux médias sociaux au niveau national pour protéger les enfants, comme c'est le cas en Espagne.

La Commission poursuit ses travaux en vue d'une « approche harmonisée » à l'échelle de l'Union, en coopération avec les États membres, concernant la vérification de l'âge.

- Le Parlement européen préconise une « limite d'âge de 16 ans » pour l'accès aux médias sociaux

Les députés européens ont adopté un rapport préconisant une limite d'âge de 16 ans pour l'accès des enfants aux médias sociaux dans l'Union européenne.

Ce rapport, qui a valeur de guide pour les autres institutions de l'UE, demande également que les enfants âgés de 13 à 16 ans puissent accéder aux plateformes numériques avec l'autorisation de leurs parents.

Le rapport souligne que la Commission européenne devrait développer une application de vérification de l'âge à l'échelle de l'Union et que les plateformes de médias sociaux devraient veiller à ce que leurs produits soient conçus de manière sûre et adaptée à l'âge.

Le rapport attire l'attention sur les risques pour la santé physique et mentale auxquels les enfants sont exposés en ligne et exige une protection contre les « stratégies de manipulation » susceptibles d'accroître la dépendance et de nuire à leur capacité de concentration et d'interaction saine avec les contenus en ligne.

- Situation dans les pays de l'Union européenne

Si certains pays de l'UE ont adopté des lois liant l'accès des enfants aux plateformes de médias sociaux à l'autorisation parentale, la plupart poursuivent leurs efforts pour instaurer des restrictions d'âge sur les médias sociaux.

En Grèce, l'application « Kids Wallet », qui restreint l'utilisation des médias sociaux par les enfants de moins de 15 ans et intègre un contrôle parental, est en vigueur depuis novembre 2025. Le ministère grec de la Gouvernance numérique poursuit également ses préparatifs en vue de la mise en œuvre d'une interdiction des médias sociaux pour les enfants de moins de 15 ans.

Le gouvernement danois a décidé d'interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 13 ans d'ici le 7 novembre 2025 et d'autoriser l'accès à certaines plateformes avec l'autorisation parentale pour les jeunes de 13 à 15 ans. Le sujet devrait être débattu au Parlement.

En France, l'Assemblée nationale a adopté un projet de loi interdisant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Ce projet de loi devrait être examiné au Sénat dans les prochaines semaines. Soutenu par le président Emmanuel Macron, il devrait entrer en vigueur en septembre, à la rentrée scolaire.

En Allemagne, la commission « Protection de l'enfance et de la jeunesse dans le monde numérique », créée par le gouvernement, devrait présenter cette année des propositions sur des questions telles que la limitation de l'âge et l'interdiction des téléphones portables à l'école. L'autorisation parentale est également requise pour que les jeunes de 13 à 16 ans utilisent les réseaux sociaux.

En Italie, l'autorisation parentale est requise pour que les moins de 14 ans puissent créer un compte sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, des discussions politiques sont en cours dans le pays concernant l'introduction de règles plus strictes pour protéger les enfants.

L'Autriche envisage d'interdire aux enfants de moins de 14 ans d'ouvrir un compte sur les plateformes de réseaux sociaux.

La Slovénie, la Norvège et la République tchèque préparent également des projets de loi visant à interdire l'utilisation des réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans.

La Belgique a adopté une loi interdisant l'utilisation des téléphones portables et autres appareils électroniques dans les écoles primaires et secondaires. Des discussions politiques sont en cours dans le pays concernant la limitation de l'âge d'accès aux réseaux sociaux.

L'Espagne envisage également d'imposer une limite d'âge de 16 ans pour l'accès aux réseaux sociaux. Le Premier ministre espagnol, Sanchez, critique virulent des plateformes de réseaux sociaux, a récemment déclaré que ces derniers étaient devenus une sorte de « Far West », un État en déliquescence.

Il a indiqué que les mesures prises contre les réseaux sociaux incluraient des poursuites pénales en cas de refus de retrait de contenu, des sanctions pour la manipulation des algorithmes et une coopération avec le parquet pour enquêter sur les infractions commises sur les réseaux sociaux, notamment celles impliquant des enfants.

- Réactions à Sanchez

Après que Sanchez a annoncé son intention d’instaurer une limite d’âge de 16 ans pour l’utilisation des réseaux sociaux, l’homme d’affaires américain Elon Musk, propriétaire des entreprises X et SpaceX, l’a vivement critiqué. Il a ensuite été rejoint par le fondateur de l’application Telegram, l’entrepreneur du secteur technologique Pavel Durov, qui a lui aussi formulé de dures critiques.

Musk a qualifié le Premier ministre espagnol de « cruel » et de « fasciste totalitaire » suite aux déclarations de Sanchez.

Durov a également affirmé que la réglementation que Sanchez prévoyait de mettre en œuvre « menaçait les libertés d'Internet » et était « dangereuse », arguant qu'elle transformerait « l'Espagne en un État de surveillance sous couvert de protection ».

Sanchez a répondu à Durov : « Laissez les techno-oligarques aboyer. C'est le signe que nous avançons. »

- Une réglementation « bien plus stricte » est nécessaire

Dans une déclaration écrite à Anadolu, le député européen Barry Andrews a affirmé qu'une réglementation « bien plus stricte » est nécessaire pour les réseaux sociaux, tant au niveau de l'UE que des États membres, ajoutant : « Les réseaux sociaux peuvent être extrêmement nocifs pour les enfants. »

Soulignant que la réglementation sur les services numériques (DSA), actuellement en vigueur, devrait être mise en œuvre « plus rapidement et plus fermement » par la Commission européenne, Andrews a déclaré : « L'UE doit résister aux pressions des États-Unis sur cette question. »

Andrews a indiqué que l'UE mettra en œuvre le cadre du portefeuille numérique cette année, ajoutant que ce système permettra la vérification de l'âge en ligne et empêchera les enfants d'être exposés à des « contenus choquants ».

Appelant la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à appliquer la DSA avec beaucoup plus de fermeté, Andrews a déclaré : « Cela implique davantage d'enquêtes et des amendes plus élevées pour les plateformes qui ne respectent pas les règles. »

*Traduit du turc par Ayse Bashoruz

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