Monde

L'Espagne appelle à la désescalade dans le conflit iranien et rejette les critiques « absurdes » d'Israël

- Le ministre des Affaires étrangères rappelle comment l'Espagne a mené l'Europe sur la question de l'État palestinien et critiqué la guerre à Gaza

Alyssa Mcmurtry  | 03.03.2026 - Mıse À Jour : 03.03.2026
L'Espagne appelle à la désescalade dans le conflit iranien et rejette les critiques « absurdes » d'Israël

Spain

AA / Oviedo / Alyssa McMurtry

L’Espagne défend la désescalade, la reprise des négociations et le respect du droit international dans le contexte du conflit avec l’Iran, a affirmé mardi le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares. Il a rejeté les critiques adressées à Madrid par Israël.

S’exprimant devant la presse, Albares a déclaré que les frappes aériennes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran avaient ouvert un « nouveau cycle de violence, de conflit et d’instabilité » au Moyen-Orient, avertissant que les conséquences restaient imprévisibles.

« Nous ne pouvons pas nous résigner à ce que la guerre devienne la manière naturelle d’établir un équilibre des forces au Moyen-Orient », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que l’Espagne encourage l’Union européenne (UE) à rechercher « équilibre et raison » dans ce conflit, affirmant que « la violence n’apporte jamais la paix, la stabilité ni la démocratie. Elle apporte davantage de violence et le chaos », tout en condamnant également les attaques iraniennes dans la région.

Albares a fermement rejeté l’accusation de son homologue israélien, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, selon laquelle l’Espagne serait « du côté de tous les tyrans du monde ».

« Sa position semble absurde et ridicule », a-t-il répondu, affirmant que la politique étrangère espagnole était cohérente et fondée sur la défense de la paix, de la stabilité mondiale, du droit international et de la Charte des Nations unies. Il a cité plusieurs zones de conflit, notamment l’Ukraine, Gaza, le Venezuela, le Groenland et l’Iran.

Concernant les critiques selon lesquelles l’Espagne serait isolée au sein de l’Union européenne, M. Albares a rappelé que des positions similaires avaient été énoncées lorsque Madrid avait critiqué les attaques d’Israël à Gaza et reconnu l’État de Palestine en mai 2024. « On disait que nous étions seuls, mais nous dirigions une immense majorité qui nous a ensuite rejoints », a-t-il souligné.

Le ministre a également précisé que l’Espagne n’autoriserait pas l’utilisation de ses bases militaires conjointes avec les États-Unis pour mener des frappes contre l’Iran, affirmant qu’elles sont sous souveraineté espagnole et que leur usage doit respecter les traités bilatéraux et le droit international.

Il a réaffirmé l’engagement de Madrid envers l’OTAN et la défense euro-atlantique, citant les déploiements en Estonie et en Lituanie, ainsi que les missions au Liban et en Irak.

Enfin, Albares a souligné que la sécurité des plus de 30 000 citoyens espagnols présents dans la région était une « priorité absolue », et a annoncé que des opérations d’évacuation, notamment depuis Abou Dhabi et Istanbul, étaient en cours avec plusieurs vols prévus.

*Traduit de l'anglais par Wafae El Baghouani

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
A Lire Aussi
Bu haberi paylaşın