Les États du Golfe et Londres appellent à faire face aux menaces iraniennes dans le détroit d’Ormuz
- La déclaration conjointe insiste sur la protection de l’espace aérien régional et de la liberté de navigation dans un contexte de tensions croissantes
Istanbul
AA / Istanbul / Mohammad Sio
Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et le Royaume-Uni ont appelé dimanche à faire face à toute menace iranienne susceptible de perturber la navigation internationale dans le détroit d’Ormuz et de compromettre la sécurité maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Cet appel figure dans une déclaration conjointe publiée à l’issue d’une réunion tenue vendredi entre les ministres des Affaires étrangères du CCG et la ministre britannique de l’Intérieur, Yvette Cooper, consacrée notamment aux attaques visant des États du Golfe.
Le communiqué insiste sur la nécessité de protéger l’espace aérien régional et de garantir la liberté de navigation face à toute menace susceptible d’entraver le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ou de mettre en danger la sécurité maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Il souligne également que la sécurité et la stabilité de la région du Golfe constituent des « piliers fondamentaux de la stabilité économique mondiale », étroitement liés à la sécurité du Royaume-Uni et à la sécurité internationale.
Les ministres ont par ailleurs affirmé que les pays du CCG ont le droit de prendre toutes les mesures nécessaires, individuellement ou collectivement, pour défendre leur sécurité, leur stabilité et leur territoire face aux attaques iraniennes.
Dans le même temps, ils ont réitéré leur attachement au dialogue et à la diplomatie pour résoudre la crise actuelle, saluant le rôle d’Oman dans les efforts de médiation entre l’Iran et les États-Unis et appelant au rétablissement de la stabilité et de la sécurité dans la région.
Samedi, un porte-parole du quartier général central Khatam al-Anbiya en Iran, Ebrahim Zolfaghari, a accusé les États-Unis et Israël d’avoir mené des attaques contre des cibles illégales dans la région à l’aide du drone Lucas, décrit comme une imitation du Shahed-136 iranien.
Selon l’agence semi-officielle Fars, il a affirmé que ces attaques visaient à provoquer des tensions et des divisions entre l’Iran et les pays voisins.
Le Commandement central américain (CENTCOM) a toutefois rejeté ces accusations dimanche, démentant toute utilisation de drones suicides contre les États du Golfe et accusant Téhéran d’être responsable des attaques.
Depuis le 1er mars, l’Iran a fermé le détroit d’Ormuz après le lancement d’attaques conjointes menées par Israël et les États-Unis contre l’Iran le 28 février. Ces frappes ont fait plus de 1 200 morts, dont l’ex guide suprême Ali Khamenei, et les hostilités se sont depuis intensifiées.
Téhéran a riposté par des frappes de missiles et de drones visant Israël, mais aussi la Jordanie, l’Irak et plusieurs pays du Golfe, affirmant cibler des installations militaires américaines dans la région.
* traduit de l'anglais par Ayse Betul Akcesme
