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Les militaires prennent le contrôle de la sécurité à Rio de Janeiro

Esma Ben Said   | 17.02.2018
Les militaires prennent le contrôle de la sécurité à Rio de Janeiro

Rio de Janeiro
AA/Rio de Janeiro/Kakie Roubaud

Le Président du Brésil Michel Temer a annoncé que le contrôle de la sécurité de Rio de Janeiro passe entre les mains des militaires.

«Le crime organisé a mis la main sur Rio. C’est une métastase qui se répand dans tout le Brésil et qui menace la tranquillité de notre peuple. Pour cette raison nous venons de décréter l’intervention Fédérale au niveau de la Sécurité publique de Rio de Janeiro (...). J’adopte cette mesure extrême parce que les circonstances l’exigent (…)» a-t-il déclaré, vendredi soir, dans une allocution télévisée.

C’est au chef du commandement de l’Est, le général Walter Sousa Braga Netto, que la direction de toutes les forces de sécurité publique, civile et militaire de cet état grand comme la Suisse a été confiée, y compris les pompiers. Militaire de la région du Minas Gerais d’où sont issus les secteurs les plus conservateurs du pays, ce général dirigeait depuis septembre 2016 la région Est de Rio, mieux connue sous le nom touristique de région des Lacs, avec les villes de Niteroi, Cabo Frio, Buzios qui souffrent depuis quelques mois déjà des affrontements des phalanges armées.

A la veille du Carnaval, les autorités avait déjà demandé le renforcement des forces de sécurité et 9 000 militaires avaient été envoyés dans la ville de Rio. C’est plus qu’à Boa Vista dans le lointain état amazonien du Roraima qui reçoit chaque jour un afflux d’immigrés vénézuéliens et où 200 militaires doivent être prochainement envoyés! L’État de Rio compte 16 millions d’habitants . C’est la ville et la région qui ont vu naitre dans les années 80/90, des phalanges organisées dont le Commandement Vermeil (CV) extrêmement violent qui affronte - entre autres - le Premier Commandement de la Capitale (PCC) de Sao Paulo, organisé lui comme une multi-nationale.

De fait, les homicides dans cet état ont augmenté de 6%, les agressions de 30% et l’an dernier, du côté des vols de chargements de camions, on a enregistré sur les routes de Rio 11 000 braquages. Mais le gouverneur de l’État de Rio, pourtant associé à cette décision fédérale, nie avoir perdu le contrôle de la situation. Pendant la chaleurs carnavalesques qui ont vu des touristes et des «fétards» se faire agresser par des bandes, des supermarchés pillés et des bars rackettés, il s’était réfugié dans les fraîches montagnes de Rio loin des violences commises dans la capitale de son État. Le maire de Rio, Marcelo Crivella, était lui parti en Europe «à la recherche de technologies en matière de sécurité publique». Il n’en aura plus besoin puisque sa ville passe désormais sous contrôle militaire.


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