Les marchés mondiaux évoluent en repli en raison de la persistance des tensions au Moyen-Orient
- Sur les marchés mondiaux, la pression vendeuse s'accentue sous l'effet de l'escalade des tensions géopolitiques consécutive aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran
Istanbul
AA / Istanbul / Mahmut Cil
Les craintes que la prolongation du conflit au Moyen-Orient puisse affecter le commerce mondial et raviver les pressions inflationnistes contribuent à la hausse de la perception du risque mondial.
Interrogé lundi sur la durée de l’offensive en Iran, le président américain Donald Trump a affirmé que le calendrier était « plus favorable que prévu ». « Nous tablions sur quatre à cinq semaines, mais nous avons les capacités pour prolonger l’effort si nécessaire. Et nous le ferons », a-t-il déclaré.
Trump a souligné que le programme iranien de missiles balistiques conventionnels progressait très rapidement, affirmant que cela constituait une menace claire et majeure pour l'Amérique et les forces déployées à l'étranger.
- L'Iran ferme le détroit d'Ormuz
Par ailleurs, les mesures prises par l'Iran sont également suivies de près. Le conseiller du commandant en chef des Gardiens de la révolution iraniens, le général de brigade Ibrahim Jabbari, a annoncé qu'ils avaient fermé le détroit d'Ormuz aux passages et qu'ils attaqueraient tout navire tentant de le traverser.
Le détroit d'Ormuz, voie d'eau étroite à l'entrée du Golfe Persique, relie la production de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL) du Moyen-Orient aux marchés mondiaux via la mer d'Oman et l'océan Indien.
Environ 20% des exportations mondiales de GNL transitent par ce passage. La quasi-totalité des exportations de GNL du Qatar, l'un des plus grands exportateurs mondiaux de GNL, atteint les marchés internationaux en passant par le détroit.
Environ 72% des importations pétrolières japonaises transitent par le détroit d'Ormuz, tandis que ce chiffre s'élève à 65% pour la Corée du Sud. Pour les grandes économies asiatiques que sont la Chine et l'Inde, la dépendance à la route du détroit d'Ormuz est d'environ 50%.
- La hausse des prix du pétrole entraîne des risques inflationnistes
À la suite de ces développements, le prix du baril de Brent, en hausse en raison des craintes d'approvisionnement, a clôturé hier en hausse de 7% à 78,2 dollars, poursuivant sa tendance haussière dans la nouvelle journée avec une prime de 1,1% à 79 dollars.
L'aggravation des tensions au Moyen-Orient dans une période marquée par des incertitudes persistantes sur la politique commerciale renforce les craintes que la hausse des prix du pétrole puisse accentuer davantage les pressions inflationnistes.
Les analystes ont indiqué que le détroit d'Ormuz est l'une des routes d'approvisionnement énergétique cruciales pour de nombreuses économies, ajoutant qu'un arrêt de l'approvisionnement énergétique dans la région pourrait, à moyen terme, entraîner une hausse des coûts dans l'industrie manufacturière en raison de la hausse des prix du pétrole.
Dans ce contexte, les anticipations d'un maintien des taux de la la banque centrale américaine Fed jusqu'en juillet se renforcent, tandis que le rapport sur l'emploi attendu cette semaine devrait apporter des précisions sur la trajectoire de la Fed
- Les contrats à terme sur indices américains démarrent la journée en territoire négatif
Dans ce contexte, lors du premier jour de trading de la semaine, l'indice Dow Jones a reculé de 0,15%, tandis que le Nasdaq a progressé de 0,36%. L'indice S&P 500 a évolué à l'équilibre. Les contrats à terme sur indices américains ont démarré la nouvelle journée en territoire négatif.
Parmi les secteurs les plus touchés par la montée des tensions au Moyen-Orient figurent les compagnies aériennes qui ont suspendu leurs vols dans la région. Les compagnies aériennes américaines ont affiché une tendance baissière, tandis que les actions des sociétés de défense et d'énergie ont progressé.
Sur le marché obligataire américain, une tendance vendeuse a prévalu lundi, avec le taux des obligations américaines à 10 ans qui a clôturé en hausse de 10 points de base à 4,06%. Dans la nouvelle journée, le taux à 10 ans s'est stabilisé à 4,05%.
L'once d'or a clôturé hier en hausse de 1,3% à 5 333 dollars. Le prix de l'once d'or se négocie actuellement en hausse de 0,5% à 5 360 dollars, prolongeant ainsi sa série de hausses pour le 4e jour de trading consécutif.
L'indice du dollar a quant à lui clôturé hier en hausse de 0,8% à 98,4, et progresse de 0,2% à 98,5 dans la nouvelle journée.
- Les Bourses européennes évoluent en territoire négatif
Les Bourses européennes ont affiché hier une tendance négative sous l'effet des tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, les contrats à terme sur indices de la région démarrant la journée en territoire vendeur.
Si les actions de certaines sociétés du secteur de la défense ont progressé, les actions du groupe énergétique norvégien Var Energi ont gagné 6% et celles d'Equinor ont progressé de 8,2%.
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui s'est exprimée sur les tensions au Moyen-Orient, a souligné que la seule solution durable est une solution diplomatique.
« Cela signifie un processus de transition crédible pour l'Iran, l'arrêt définitif des programmes nucléaire et balistique et la fin des activités déstabilisatrices dans la région », déclare-t-elle.
Alors que les informations relatives à l'approvisionnement énergétique dans la région sont suivies de près, le porte-parole du gouvernement allemand Stefan Kornelius a déclaré qu'il n'était pas possible de déterminer les effets de la montée des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur l'économie allemande, mais qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter étant donné qu'ils s'approvisionnent en très faibles quantités de pétrole brut provenant de la région.
Par ailleurs, l'agence européenne de sécurité aérienne a prolongé jusqu'au 6 mars sa recommandation aux compagnies aériennes d'éviter l'espace aérien du Moyen-Orient et du Golfe Persique.
Sur le plan macroéconomique, l'indice des prix à la consommation (IPC) de la zone euro pour le mois de février, qui sera publié aujourd'hui, est au centre de l'attention des investisseurs.
Dans ce contexte, l'indice FTSE 100 au Royaume-Uni a reculé de 1,20%, l'indice FTSE MIB 30 en Italie de 1,97%, l'indice CAC 40 en France de 2,17% et l'indice DAX 40 en Allemagne de 2,42%.
- Les marchés sud-coréens chutent brutalement après les congés
En Asie, les marchés évoluent en territoire négatif sous l'effet des tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, avec une baisse de l'indice Kospi en Corée du Sud dépassant les 5%.
La hausse de la perception du risque mondial se fait également sentir dans la région, la fermeture du détroit d'Ormuz annoncée par l'Iran ayant contribué à accentuer les pertes des indices régionaux. Le détroit d'Ormuz, l'une des voies importantes pour l'approvisionnement énergétique de la région, assurait le transit de pétrole et de GNL vers les pays de la région, notamment la Chine, la Corée du Sud et le Japon.
Les craintes concernant l'approvisionnement énergétique et les anticipations selon lesquelles la hausse des prix du pétrole pourrait affecter négativement les activités industrielles dans la région ont entraîné des ventes sur les valeurs industrielles.
Par ailleurs, les craintes que la hausse des prix du pétrole puisse accentuer les pressions inflationnistes constituent un risque important du côté japonais.
Du côté des banques centrales, le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ) Kazuo Ueda a déclaré aujourd'hui que des expériences seraient menées concernant l'utilisation de la technologie blockchain pour le paiement des dépôts que les institutions financières effectuent auprès de la banque centrale.
Selon les données publiées dans la région, le taux de chômage au Japon en janvier s'est établi à 2,7%, au-dessus des prévisions. Le taux de chômage avait atteint 2,6% en décembre de l'année dernière.
Dans ce contexte, à l'approche de la clôture, l'indice Nikkei 225 au Japon a reculé de 2,9%, l'indice Kospi en Corée du Sud de 5,9%, l'indice Hang Seng à Hong Kong de 0,4% et l'indice composite de Shanghai en Chine de 0,2%.
* Traduit du turc par Mariem Njeh
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