Les dirigeants européens saluent l’annonce de Washington sur le Groenland et la pause des tarifs douaniers
- « La journée se termine sur une note plus positive qu’elle n’avait commencé », déclare le ministre danois des Affaires étrangères
Istanbul
AA / Istanbul / Ilayda Cakirtekin
Les dirigeants européens ont salué, mercredi, l’annonce du président américain Donald Trump concernant le cadre d’un futur accord sur le Groenland, ainsi que sa décision de suspendre les droits de douane qu’il prévoyait d’imposer à certains pays européens.
« La journée se termine sur une note plus positive qu’elle n’avait commencé. Nous nous félicitons que le président des États-Unis (Trump) ait écarté l’idée de prendre le Groenland par la force et ait mis en pause la guerre commerciale. Désormais, asseyons-nous et voyons comment nous pouvons répondre aux préoccupations sécuritaires américaines dans l’Arctique, tout en respectant les lignes rouges du Royaume du Danemark », a écrit le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, sur la plateforme américaine X.
De son côté, le Premier ministre néerlandais Dick Schoof a jugé « positif » le fait qu’ils soient « sur la voie de la désescalade » et que les droits de douane soient écartés pour le moment. Il a, dans le même temps, réaffirmé l’importance d’agir ensemble, avec les États-Unis, le Canada et l’Europe, au sein de l’OTAN, afin de « renforcer la sécurité dans la région arctique et faire face aux menaces venant de la Russie et de la Chine ».
« C’est une bonne chose que Trump ait désormais aussi renoncé aux droits de douane visant ceux qui ont soutenu le Danemark et le Groenland. Les exigences de redécoupage des frontières ont suscité, à juste titre, de vives critiques. C’est pourquoi nous avons répété que nous ne céderions pas au chantage. Il semble que notre travail commun avec nos alliés ait porté ses fruits », a écrit sur X la ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard.
La ministre suédoise des Finances, Elisabeth Svantesson, a également salué cette annonce, soulignant que la pression exercée par l’Europe avait été « précieuse ».
« Le gouvernement a toujours insisté sur le fait que le chantage autour du Groenland était absurde. Mais cela souligne aussi ce que j’ai dit à plusieurs reprises : nous vivons dans un monde nouveau et incertain, mais notre destin est aussi entre nos mains. Je poursuivrai mon travail pour “protéger” notre économie face à Trump », a déclaré Svantesson.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de nous reposer sur nos acquis », a-t-elle ajouté.
Le vice-chancelier allemand Lars Klingbeil a, quant à lui, indiqué à la chaîne ZDF que la pression exercée aux États-Unis et en Europe avait conduit Trump à revenir sur les droits de douane punitifs annoncés précédemment contre plusieurs pays européens.
« Les critiques se multipliaient aux États-Unis, elles se multipliaient aussi en Europe et au niveau international, et je pense que cela a également changé quelque chose pour Donald Trump », a-t-il affirmé.
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a elle aussi salué cette annonce sur X, mettant en avant qu’« il est essentiel de continuer à encourager le dialogue entre pays alliés ».
Donald Trump a déclaré mercredi, sur son réseau Truth Social, qu’un cadre d’accord impliquant le Groenland et l’ensemble de la région arctique avait été établi à la suite de sa rencontre avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, à Davos, en Suisse.
« Sur la base de cette entente, je n’imposerai pas les droits de douane qui devaient entrer en vigueur le 1er février », a-t-il ajouté.
La semaine dernière, Trump avait annoncé que Washington appliquerait dès le 1er février des droits de douane de 10 % sur les produits en provenance du Danemark, de Norvège, de Suède, de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de Finlande, avant une hausse à 25 % en juin, à moins qu’un accord ne soit conclu pour « l’achat complet et total du Groenland ».
Le Groenland a attiré l’attention de Trump en raison de sa position stratégique dans l’Arctique, de ses importantes ressources minérales, ainsi que de préoccupations évoquées concernant une présence croissante de la Russie et de la Chine.
Le Danemark et le Groenland ont rejeté les propositions visant à vendre ce territoire, réaffirmant la souveraineté danoise sur l’île.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba
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