Les États-Unis se sont officiellement retirés de l’Organisation mondiale de la santé (OMS)
- Les raisons avancées : « la mauvaise gestion par l’organisation de la pandémie de Covid-19, liée à l’épidémie apparue à Wuhan, en Chine, et à d’autres crises sanitaires mondiales »
New York
AA / New York
Le processus de retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), une agence des Nations unies (ONU), a été officiellement finalisé, selon les autorités américaines.
Le ministère américain de la Santé et des Services sociaux (HHS) a annoncé qu’un an après la décision de retrait prise par le président Donald Trump, les 78 ans d’adhésion des États-Unis à l’OMS avaient officiellement pris fin.
Dans un communiqué, le HHS a précisé que tous les financements américains destinés à l’OMS avaient été interrompus et que l’ensemble du personnel travaillant au sein de l’organisation avait été rappelé.
Ainsi, le retrait de l’OMS, enclenché par un décret signé par Trump dès le premier jour de son second mandat, est désormais officiellement achevé.
Selon l’OMS, la dette des États-Unis envers l’organisation dépasse 130 millions de dollars. De leur côté, des responsables américains indiquent que si le processus de retrait est terminé, la séparation n’a toutefois pas été « totale et sans difficultés ».
Par ailleurs, des experts mettent en garde contre d’éventuelles lacunes dans l’accès des États-Unis à des données sanitaires essentielles, notamment celles qui permettent d’alerter précocement sur les épidémies à travers le monde.
Lawrence Gostin, spécialiste du droit de la santé publique à l’Université Georgetown, a estimé que le retrait des États-Unis affaiblirait la lutte contre les pandémies mondiales. Il a également averti que cette décision pourrait réduire la capacité des scientifiques américains et des entreprises pharmaceutiques à développer des vaccins et des traitements face à de nouvelles menaces.
« À mon avis, c’est l’une des décisions présidentielles les plus destructrices prises de toute ma vie », a-t-il déclaré.
Les États-Unis apportaient environ 680 millions de dollars à l’OMS
Pays moteur dans la création de l’OMS et l’un de ses principaux bailleurs de fonds pendant des décennies, les États-Unis versaient, selon des données officielles, environ 111 millions de dollars de contribution annuelle et 570 millions de dollars de soutien volontaire.
L’OMS coordonne la réponse à des menaces sanitaires mondiales comme le mpox, Ebola ou encore la poliomyélite. Elle fournit également une assistance technique aux pays les plus pauvres, contribue à la distribution de vaccins et de traitements, et publie des lignes directrices pour des centaines de maladies.
Aujourd’hui, presque tous les pays du monde sont membres de l’organisation.
De nombreux experts avertissent que le retrait américain pourrait gravement fragiliser plusieurs initiatives sanitaires mondiales, notamment l’éradication de la poliomyélite, les programmes de santé maternelle et infantile, ainsi que la détection de nouveaux virus.
Le président de l’Association américaine des maladies infectieuses, le Dr Ronald Nahass, a qualifié cette décision de « étroite d’esprit et scientifiquement irresponsable ».
La décision de Trump de quitter l’OMS
Peu après son entrée en fonction, Donald Trump avait signé un décret présidentiel prévoyant le retrait des États-Unis de l’OMS, une agence des Nations unies (ONU).
Dans le texte du décret, les raisons avancées incluaient notamment « la mauvaise gestion par l’organisation de la pandémie de Covid-19, liée à l’épidémie apparue à Wuhan, en Chine, et à d’autres crises sanitaires mondiales », ainsi que « son refus d’adopter des réformes jugées urgentes » et « son incapacité à préserver son indépendance face aux influences politiques inappropriées des États membres ».
Le document affirme également que l’OMS « continue de réclamer aux États-Unis des paiements excessifs et injustifiés ».
* Traduit du turc par Adama Bamba
